Dans la pampa les chevaux servent pour rassembler les bêtes, les conduire au corral, attraper les jeunes pour les châtrer ou les marquer. Le cheval
est l'outil indispensable, infatigable, fidèle à son cavalier et fait partie du paysage.
C'est une race locale "le criollo" qui s'est faite toute seule par le croisement des chevaux de sang arabe amenés par les Espagnols au XVIe siècle et
des chevaux sauvages. La sélection naturelle d'animaux vivant en toute liberté dans la pampa va donner un subtil coktail: un cheval de petite taille, pas très lourd( 450kg) en moyenne et une
robe de couleur variable. L'animal est rustique, bien adapté aux longues distances des grandes parcelles, il remplace avantageusement le véhicule tous terrains hors de prix. Il ya sur le campo pas
moins de 25 chevaux. Tous ne sont pas dressés. Mais chaque péon peut avoir à sa disposition 7 montures très dociles. Chaque matin le gaucho ou péon s'en va surveiller les animaux, les
attrape au lasso quand il en voit un blessé ou malade pour le soigner. Il surveille de très près également l'état des clôtures et de la disponibilité de l'eau. Chaque parcelle fait entre 70 et
140 hectares. L'après midi avec un cheval frais, ce sera d'autres troupes à aller voir. Si un veau est né, il faut s'en emparer, lui faire un vaccin, lui mettre un produit antiseptique sur le
cordon et le marquer à l'oreille. Le gaucho, en principe se débrouille seul pour toutes ces tâches. Les vêlages en général se passent la nuit et sans intervention. Il y a toujours des
exceptions. Dans ce cas, aujourd'hui chaque péon a son téléphone portable et appelle le patron d'abord, puis si nécessaire un camarade ou directement le vétérinaire. De jour comme de
nuit le gaucho reste un être isolé, il vit dans le campo. Le cheval et son chien sont ses compagnons.
Quand le gaucho aperçoit très haut et parfois très loin dans le ciel des vautours faire des ronds. C'est le signe presque certain qu'un animal est crevé ou très handicapé. Alors il se rend sur
place pour voir.
Chaque péon tient un carnet de naissance à jour. Il y inscrit aussi, quand cela se produit, la perte d'un veau ou d'un animal. De sorte que le patron peut connaître à chaque moment la quantité
de veaux femelles ou mâles nés dans la saison.
Si une vache crève, elle reste sur place. Le service d'équarrissage passera et tout disparaît en 2 jours sauf bien entendu les os. Les rapaces qu'on appelle COUERBOS se chargent de cette besogne
"gratuitement".
Des cavaliers émérites.
Il tient d'une main les deux rennes et de l'autre la cravache. La selle recouverte d'une peau de mouton est un véritable fauteuil. On doit s'imaginer que le gaucho passe au moins 6 à 8 heures
par jour sur son cheval.
Comme on le voit parfois, ces hommes pratiquent un sport qu'on appelle "la doma". Il s'agit de tenir à cru sur un cheval sauvage au moins 12 secondes après lui avoir ôté le sac des yeux au coup de
pistolet de départ. On ne compte pas les fractures...

Un cavalier s'est tué dans une doma au festival de la ville de "Jésus Maria" province de Cordoba, cette semaine
10/01/10


Et de un

Et de deux

Et de trois... Cheval bien dressé !
Nous étions à la pêche sur le rio salado quand j'aperçois cette opération de passage à la nage du cheval et des paysans pour se rendre sur
une île du fleuve.