Il y a d'un côté les écolos utilisant des arguments équivoques et souvent éxagérés, mensonger à 80%. Et les avantages indéniables
de l'agriculture productiviste (raisonnée) qui s'appuie sur la science et qui permettra de nourrir la planète encore longtemps.
"DOSSIER"
Réflexion sur
le film de Coline Serreau ci-dessus en vidéo(analyse de Claude BESNARD qui répond à Marie Gabrielle)
On ne peut
pas classer en documentaire c’est un film militant qui est fait pour choquer, interpeller les spectateurs, en faisant, et c'est dommage, une
généralité auprès d'un grand public qui a déjà parfois beaucoup d'a priori sur l'agriculture. C’est un témoignage à charge donc, où seuls les prédicateurs du bio, anti agriculture
productive, sont invités à s'exprimer, sans laisser la place aux agriculteurs eux-mêmes ou aux scientifiques qui proposent des solutions différentes pour relever ce défi de nourrir une population
qui pourra atteindre 9 milliards d’individus a l’horizon 2050, ce qui
nécessitera d’accroître la production alimentaire de 70% selon les experts . . Car pour qui veut parler objectivement d’agriculture, le minimum de rigueur serait que les acteurs des différentes
filières puissent donner la justification de leur choix .Je
pense à Michel Griffon, Philippe Chamin, Gérard Kafadaroff, Parmentier etc …pour ne citer que les plus modérés .
Ce film catastrophe est dans le même fil que celui de Jean
Paul JAUD « Nos enfants nous accuseront » du’ « Le Livre noir de l’agriculture »
Isabelle Sapora et de la très médiatisée émission de Marie Monique Robin sur Atre « Notre poison quotidien » finalement, rien n’a changé.
Avec Solutionslocales…Coline Serreau ne donne pas dans la dentelle c’est toujours aussi manichéen, avec, dans le rôle des
méchants, les semenciers, l’agrochimie, les multinationales, et dans celui des gentils, les AMAP, les agriculteurs bio, les militants écolos,
La liste des intervenants qu’elle a sélectionnés ne laissait aucune place à la nuance et à une analyse
rationnelle des désordres qui affligent ce pauvre monde . Citons entre autres :
Vandana Shiva, militante anti-OGM pour qui (c'est elle qui parle: )« la science moderne n'est ni plus ni moins que la science occidentale,
c'est-à-dire une catégorie particulière d'ethnoscience »
Pierre Rabhi,qui a
une relation mystique avec la terre. agro
biologiste, apôtre de la « simplicité volontaire » et du «
retour à une nécessaire frugalité » Il prône la décroissance
démographique .; « diminuer graduellement la population mondiale jusqu’au niveau où elle peut être nourri par une agriculture organique »
Serge Latouche, théoricien de la
décroissance, qui dénonce l’ « ethnocentrisme du
développement » et la faute de goût qui consiste à vouloir
« construire des écoles, des centres de soins, des réseaux d’eau potable et retrouver une autonomie
alimentaire » dans les pays en développement (Le Monde diplomatique, Novembre 2003).
-Les militants anti-pesticides
Philippe Desbrosses , qui justifie la nécessité de l’agriculture biologique en invoquant des raisons quasi-religieuses il se défini
lui-même : « Tout mon parcours est émaillé de cette recherche mystique et spirituelle que je n’ai jamais dévoilé » En disciple de Rudolph Steiner il affirme que « Chaque intervention de l’agriculteur est renforcé
positivement ou négativement selon l’heure et les configurations planétaires . La plante reçoit les forces ou les faiblesse des musiques célestes du moment «
Lydia et Claude
Bourguignon, l’ingénieurs agronomes, grands annonciateurs de la mort des sols, qui considèrent pour leur part que « la seule chose qui puisse sauver l’humanité des grandes catastrophes, c’est
l’agriculture biologique et la biodynamie ». Claude Bourguignon dit « à l’heure actuelle la seule et unique
solution pour le Tiers-Monde est l’agriculture biodynamique.
Mon point de vue scientifique sur l’agriculture biodynamique c’est que d’évidence c’est spécial. Les préparations biodynamiques font plus penser à des grimoires médiévaux de recettes de
sorcellerie qu’à de la science propre. Et pourtant, j’ai étudié quelques préparations et il y en a qui m’ont totalement époustouflé. En particulier la préparation de bouses de cornes.
La bouse de cornes au microscope c’est hallucinant ce que cela peut entretenir comme vie microbienne ! Or, normalement, dans la bouse de vache il n’y a pas grand chose. Et Steiner lui nous
fait enterrer une corne de génisse à la St Michel, puis la déterrer à la St Jean. C’est carrément de la sorcellerie du Moyen-Age. Ou d’antiques connaissances, d’anciennes sciences de la nature.
Et ensuite ce qui est hallucinant, c’est le résultat. Qu’est-ce qui se passe ? Je n’en sais rien du tout. Je ne sais pas quel type d’énergie touche la biodynamie mais en tant que
scientifique je me garde bien d’en rire. Je dis simplement que je n’ai pas d’explication »
Anciens ingénieurs à l’INRA ils disent avoir démissionné. Certaines sources parlent de
licenciement ?
Dominique Guillet, gourou de l’association Kokopelli, qui commercialise des semences anciennes dans des conditions douteuses car non
inscrites au catalogue Européen. cet adepte de la Terre nourricière expliquait dans son
« mot du président » de novembre 2008, « si nous souhaitons redonner à Kokopelli son apanage, à savoir ce phallus proéminent, ce n’est pas pour réchauffer le vieux ragoût à la sauce patriarcale, car cela fait sept mille ans que la biosphère s’étiole et que l’humanité se meurt sous les assauts du patriarcat et
de l’agressivité mâle. » Il est donc temps que le pouvoir soit confié à la gent féminine, seule capable de défendre Gaïa des agressions des mercenaires phallocrates.
Ces intervenants se sont tous plus ou moins inspiré des théories de Teddy
Goldsmith qui écrivait dans l’Écologiste n° 8 octobre 2002.
« Si nous voulons survivre sur cette planète, il faut nous inspirer des sociétés traditionnelles : vivre dans des villages presque autosuffisants, se consacrant à la
production de leur propre nourriture et à la manufacture d’objets techniquement simples »
Voilà pour la biographie succincte des principaux
intervenants
Il n’est pas possible d’analyser tous les sujets abordés en 2 heures par le réalisateur, je vais
simplement évoquer quelques sujets ou je pense découvrir certaines inexactitudes .
Le désordre global
Ce film cherche à prouver , que la société capitaliste industrielle à échafaudé un plan machiavélique visant à provoquer l’exode rural et l’extermination des petits paysans en les contraignants a utiliser des intrants mortifères dont ils
s’affranchissaient jusque là , dans le seul but de faire tourner leurs industries et à leur seul profit .
Voilà ce qui est annoncé dans le préambule ( Il
s’agit de la 1 ére guerre mondiale)
"A la fin de la guerre, partout dans le monde, surtout
en Amérique et en Europe, il y avait des stocks d’explosifs, des gaz et des tanks. La guerre était finie, il n’y avait plus personne à tuer. Alors avec les explosifs ils ont fait des nitrates
agricoles, avec les gaz moutarde ils ont fait des pesticides, et avec les tanks ils ont fait des tracteurs !... Eradiquer la paysannerie qu’ils avaient déjà commencé à massacrer dans les
tranchées en 14 où ils ont mis ensemble, l’un contre l’autre, les paysans allemands et les paysans français qui n’avaient rien les uns contre les autres…"
C’est un raccourci un peu simpliste, car la protection des cultures
comme les recherches sur la fertilisation ont débuté bien avant cette guerre
Jean Boulaine de l’académie
d’Agriculture nous apprend dans son étude « Quatre siècles de fertilisation » que entre 1600 et 1840 de grands savants ont exploré les problèmes de fertilisation . En 1781
François Mustel membre de la société d’agriculture conseillait de restituer à la terre les éléments nutritifs qui lui ont été ôté
. « Le retour des fumiers ne suffit pas et on sait maintenant que l’altération des roches sous-jacentes ou les apports de poussière sont très insuffisants. Il faut fournir aux
cultures des engrais complémentaires pour compenser les pertes » La fertilisation a fait, des miracles . En France, le
rendement en blé tendre est passé de 9 quintaux l’hectare il y a deux siècles ( Lavoisier 1792) à 69 quintaux en 1991 . C’est en 1818, que l’anglais
James Murray fabrique le premier Superphosphate. A partir des années 1850, l'industrie du
charbon parvint à extraire l'ammoniac comme sous-produit lors de la fabrication du coke : elle fut le plus important producteur d'ammoniac avant la mise au point du procédé Haber-Bosch, moins
coûteux[]. C'est en 1909 que Fritz Haber, avec l'aide de Robert le Rossignol[compléta la mise au point d'un prototype de laboratoire qui mettait en lumière les principes de ce qui est appelé
le « procédé Haber ». Pour produire une quantité significative d'ammoniac selon l'équation chimique à l'équilibre : La société BASF, a acquis les droits sur le procédé en 1908
Comme quoi
l’utilité d’une fertilisation azotée existait bien avant que les stocks d’explosifs fussent disponibles
Pour la production de « pesticides » le
recyclage des « gaz moutarde » a peut-être été une opportunité, mais la protection des cultures existe depuis que l’agriculture existe ce
sont les moyens qui se sont sophistiqués . L'utilisation des
pesticides en agriculture remonte à l'antiquité. L'usage du soufre paraît remonter à 1000 ans avant J.C.,
l'arsenic était recommandé par Pline (L’Histoire Naturelle de Pline, au Ier siècle, sera longtemps considérée comme le symbole de tout le savoir humain) et les produits arsenicaux sont connus en
Chine dès le XVIe siècle ; c'est également vers cette époque que sont signalées les propriétés insecticides du tabac et des racines de Derris et de Lonchocarpus. La protection des cultures est vitale pour l'homme car, selon
l'adage, « l'agriculteur ne reçoit que ce que les parasites veulent bien lui laisser »
Prenant uniquement le problème de la lutte contre les plantes adventives , il est admis que sous
toute les latitude , les mauvaises herbes sont les ennemis n° 1 des agriculteurs. Selon Land Care une
association de Nouvelle Zélande, elles généreraient une perte de production vivrière de quelques 95 milliards de dollars à l’échelle mondiale
Sur le bulletin de l’ONU d’Août 2009 L’expert en mauvaises herbes, Ricardo Labrada-Roméo affirme que si les fermes veulent accroître leur
productivité, une des premières choses à faire est d’améliorer la lutte contre les mauvaises herbes
« Ne pouvant compter que sur leurs propres forces, les petits
exploitants africains doivent désherber tous les jours, ce qui veut dire qu’une famille ne peut physiquement pas traiter plus d’un hectare par jour explique M. Labrada-Roméo « Des mesures
de lutte adéquates leur permettraient cependant de cultiver davantage de terre et de produire davantage de nourriture
En Afrique aujourd’hui, les agriculteurs produisent 20% de moins de
nourriture qu’il y a 35 ans. Un tiers de la population souffre de malnutrition. 60% de la population est constituée de tout petits fermiers,
principalement des femmes, qui gagnent un dollar par jour ou moins. Principalement à cause de pratiques agricoles primitives, l’Afrique est le seul endroit au monde où la pauvreté et la
malnutrition s’accroissent.
Aujourd’hui, personne ne conteste que dans la période
« d’euphorie » qui a suivi la période de destruction de la Seconde Guerre mondiale, l’industrialisation et l’utilisation d’un nombre croissant de produits chimiques dans la vie courante
–dont les médicaments – ont été responsables de la dissémination dans l’environnement de substances variées – appelées xénobiotiques – très toxiques. Les anciens pesticides en font partie, mais
pas exclusivement. Cependant, les effets à court terme de ces molécules ont pu être rapidement limités grâce aux travaux des médecins, des chimistes, des écologues et des industriels, Concernant
les pesticides, les plus dangereux ont été interdits. Et de nouvelles molécules ont été mises au point, répondant à l’avancement des connaissances et aux critères de la Commission européenne et
de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Concernant l’agriculture en Inde Vandana Shiva, nous ressort des arguments maintes fois démentis niant l’efficacité de la révolution verte .
En 1947, la situation alimentaire de l’Inde était très mauvaise .Grâce au travaux du généticien Norman Borlaug, ( prix nobel en 1970) le premier objectif de la révolution verte, l'autosuffisance alimentaire pour 1,1 milliard d’habitants est
réalisée dès les années 2000 même si la misère ne permet pas à tous d’en profiter
Aujourd’hui l’Inde est au niveau mondial, 1 er producteur de lait, de thé, de millet 2 éme producteur
de blé avec 72 millions de tonnes ( France 36 millions de tonnes) de cannes à sucre, et 3 éme producteur de coton ( 90 % OGM) et de pomme de terre. Difficile d’abonder dans les sens d’un échec.
Concernant le coton OGM en l’Inde ,et le lien avec le suicide des paysans , il est des désinformations qui ont la vie dure et que Vandana Shiva persiste a utiliser comme argument .Celui-ci peut difficilement tenir .
Le suicides paysans Indiens est un phénomène qui a débuté bien avant 2002 date de l’introduction du coton GM. A l’échelle nationale, les statistiques
de suicides annuels après 2002 sont nettement en dessous de la tendance qui prévalait avant l’introduction du coton BT : soit 18.000 suicides en 2002
pour 17100 en 2006 . Le taux de suicide des paysans (oscillant autour de 1,5 pour 100 000) est très faible par rapport au taux de suicide de
l’ensemble de la population indienne (oscillant autour de 10,5 pour 100 000). En France qui ne compte que 438.000 agriculteurs à plein temps, il y eu 400 suicides en 2009 selon Ouest France du 11
avril 2011
Solutions locale
Ce que l’on nous montre avec insistance dans cette vidéo,
ce sont des producteurs qui revendiquent leur droit ancestral de produire leurs semences et de créer
des réseaux d’échange. On nous montre des gens heureux au milieu d’un fatras de boites sensé contenir l’espoir de récoltes miraculeuses parce que adaptées au terroir et choisies avec amour , par
ceux qui ont reçu l’onction de leurs ancêtres .C’est très sympathique et tous ceux qui ne gardent comme images de l’agriculture que le souvenir des
quelques jours de vacances passés chez les grands parents ne peuvent que s’offusquer de la scandaleuse spoliation dont sont victimes ces gardiens de
l’authenticité.
Il est vrai que pendant des millénaires le savoir se transmettait ainsi de générations en générations .Mais le choix des semences devient vite essentiel et fait évoluer les
plantes cultivées. Ainsi, la domestication
des céréales a orienté une sélection de plantes à épis solides et à égrenage (perte de grains) limité.
Depuis la découverte de la sexualité des végétaux, vers 1700, puis de la génétique, à la fin du XIXe siècle (travaux de Mendel), puis celle de la molécule
d'ADN (1953) posent les bases scientifiques de la sélection végétale
Aujourd'hui, l'amélioration végétale est au cœur des
métiers de la filière semences. Elle consiste à créer de nouvelles variétés à partir des variétés existantes en croisant entre elles les plantes choisies pour leurs qualités respectives. Ensuite les
meilleures plantes issues de ces croisements - les descendants - sont sélectionnées jusqu'à obtenir une plante avec les qualités voulues, adaptée aux conditions
agronomiques, et aux divers débouchés commerciaux .L'amélioration de la qualité est une réponse aux attentes des grands marchés . La boulangerie ne fabrique plus ses pains comme autrefois, les
phénomènes de mode ont une influence sur la couleur des pâtes ou la teneur en protéine des céréales du petit-déjeuner...
A l'export, le marché égyptien ou espagnol n'exige pas la même teinte de farine, les italiens exigent
une certaine tenue à la cuisson des pâtes, ...
C'est le progrès génétique qui a permis et permet, en toutes circonstances, de satisfaire les besoins
du marché.
Les connaissances et les outils nécessaires à l'obtention de nouvelles variétés comme le décryptage du génome des plantes conduisent à la spécialisation d'un
nouveau métier: le sélectionneur. Il fait
la synthèse entre la connaissance de la biologie des plantes et l'observation de leurs comportements. La création d'une nouvelle variété est très longue : elle nécessite jusqu'à 15 ans de travail
en système classique de sélection sexuée, mais les délais sont plus courts si l’on travaille en Mutagénèse ou Trangénèse . Il est bien évident que ces technologies pointues ne sont utilisables que par des généticiens spécialistes .
Certain se posent probablement la question de savoir
si ce travail de sélection profite bien aux agriculteurs ? Une étude
menée par l'Inra montre qu'en corrigeant les résultats des essais des effets climatiques de l'année, les rendements poursuivent une progression constante de 0,9 q/Ha et par an en parcelle traitée
contre les maladies et de 1,3 q/ha et par an pour les parcelles non traitées. Ce constat confirme une nouvelle fois que les variétés modernes sont toujours plus "rustiques"
!
Evidemment
ce travail un coût mais, si le marché des semences hybrides a connu un tel développement, c’est que ceux qui les semaient retrouvaient une plus value
supérieure à leur investissement. Aucun agriculteur n’a jamais été contraint d’acheter des semences chères qu’il ne désirait pas . C’est la commercialisation de semences non agrées qui est réglementée afin de protéger l’acheteur, mais chacun peu aujourd’hui ressemer sa récolte s’il pense y
trouver un profit .
Il existe un consensus des économistes pour admettre que
la semence sera l’élément essentiel qui permettra de relever le défi de la suffisance alimentaire mondiale . Les expériences des paysans sans terre du Brésil, ou les protégés de
Vandana Shiva en Inde si sympathique soient- elles resteront Marginales .
Bien sûr la densité d’affirmations développés sur ces vidéos mériterait d’autres réponses, et je suis disponible pour en discuter si vous le souhaitez . CLAUDE BESNARD.
NB: Comme dans toutes démonstrations, il y a quelque chose à retenir, c'est le semis sans labour, pratiqué depuis une quinzaine d'années en Argentine il donne des résultats
très positifs, tellement positifs que le pays s'est refait une santé grâce aux exportations de soja et maïs, après la faillite de 2001; et ce, grâce aux OGM. Tacanitas.
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