Guilhem

Samedi 14 août 2010 6 14 /08 /Août /2010 17:15

GUILHEM en vacances:

 

binage carottes (7)

 Comme son cousin ALBIN, Guilhem a choisi de travailler. En ne choisissant pas le plus agréable des travaux.

binage carottes (8)C'est un engin bizarre, voyez plutôt:

BINAGE CAROTTES (4) Ils sont jusqu'à 10 couchés ainsi pour sarcler les carottes biologiques selon l'intensité des mauvaises herbes.

Le jour où j'ai pris les photos, L'herbe trop dense et trop haute ne permettait pas l'usage du tracteur, lequel avance très lentement..

C'est bien le même GUILHEM si passionné par l'économie mondiale, la bourse des valeurs et les parités monétaires.  

Par Tacanitas - Publié dans : Guilhem - Communauté : Le monde paysan
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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /Oct /2009 06:14

Voici une analyse économique que m'a indiquée mon petit fils. C'est un point de vue parmi d'autres. 
 

Crise systémique : USA, game over

Dans mon dernier article Crise systémique : le trou noir j’avais expliqué que les produits dérivés (des métastases selon Paul Jorion) par effet domino, détruiraient l’économie mondiale. Je vais ici m’attarder sur un malade en phase terminale, les USA.

En effet, le 30 juin 2008 , l’OCC (Comptroller of the Currency, l’autorité de tutelle des banques) déclarait le 30 juin 2008 que les USA possédaient 182 100 milliards de dollars de produits dérivés (Barack Obama, dernier président des USA) soit un tiers de ces « armes de destruction financière massive » comme dirait Warren Buffet.
Ces produits financiers, tel le chat de Schrödinger, sont à la fois vivants et morts, c’est à dire qu’ils ont une valeur lorsque tout va bien, valeur réduite à zéro lors d’une crise majeure comme aujourd’hui. La nation américaine ne s’en relèvera pas. D’ailleurs, le LEAP/E2020 évalue à 10 000 milliards de dollars les « actifs fantômes » des banques que le gouvernement US devra « éponger ».

Nous en sommes donc à la 77 ème faillite bancaire depuis le début de l’année et donc, la FDIC (Le Federal Deposit Insurance Corporation) une agence indépendante du gouvernement fédéral américain qui assure les dépôts des particuliers dans les banques est ruinée.

Frédéric Lordon, économiste et directeur de recherche au CNRS ose dire : « on va voir débouler, sous peu, toute une série de « paquets » de dettes avariées, dont les défauts n'ont pas encore explosé, mais c'est pour bientôt ».

Simone Wapler Rédactrice en chef, MoneyWeek, déclarait le 13 août 2009, « La crise financière, loin d'être résorbée, va s'aggraver » (Trois arguments pour une hausse de l'or).
Ce « cancer » financier est ainsi en train de détruire l’économie US.

Au mois d'octobre 2008, Abderrahmane Mebtoul, un des plus grands économiste algérien me demandait de lui faire une analyse précise concernant les bons du trésor US car, visionnaire, il s'interrogeait alors sur le devenir des USA et donc des placements de l'Algérie. Nous étions arrivés à l'époque à la conclusion que l'amérique était en train de sombrer. Il avait d’ailleurs écrit plus tard « La fin de la primauté du dollar » (EDITORIAL EDITORIAL EDITORIAL).

Ainsi, la Fed ayant déjà racheté 1700 milliards de bons du trésor (elle monétise sa dette, ubuesque !) sera obligée de recommencer cette opération avant la fin de l’année. Krugman chiffrait les besoins des USA à 2100 milliards de dollars pour 2009 dans le New York Times du 9 janvier 2009. Il était donc loin de la réalité et j’avais encore une fois de plus raison car j’avais annoncé le chiffre de 3500 milliards à l’époque : Destruction du dollar – Explications.
2010 sera pire. La fin du dollar est proche, très proche.

Selon le cabinet spécialisé Realty Trac, nous avons eu aux USA un nouveau record des saisies immobilières en juillet et nous sommes passés, là-bas, de 11 000 saisies par jour à 11 600. USA: nouveau record (+7,0%) des saisies immobilières en juillet ...
C’est vrai, la crise est terminée.

Plus inquiétant encore, personne ne se pose la question de ce que deviennent la plupart de ces maisons qui ne se retrouvent pas sur le marché de peur qu’il s’effondre. Seul le quotidien San Francisco Gate a osé donner un chiffre qu’il évaluait à 600 000 au mois d’avril. Banks aren't reselling many foreclosed homes.

Or, les saisies immobilières battent tous les records depuis, avec une moyenne de 300 000 par mois. Nous avons donc largement dépassé le million de maisons qui ne sont pas mises en vente. Acculés à la faillite, les organismes financiers américains devront se débarrasser de ces biens encombrants, et, à ce moment là, nous assisterons à l’effondrement du marché immobilier US, un cataclysme économique gigantesque !

De plus, 16.000 entreprises ont déposé leur bilan d'avril à juin aux USA : Hausse spectaculaire du nombre de faillites aux Etats-Unis.
Sur le front de l’emploi donc, contrairement à ce que l’on vous dit, les choses ne vont pas mieux. Selon l’AFP, le nombre de nouveaux chômeurs inscrits aux Etats-Unis a progressé lors de la semaine achevée le 8 août » : USA - Hausse des inscriptions au chômage à 558.000.

En août il est prévu 600 000 chômeurs arrivant en fin de droits aux USA (26 semaines). Et cela sera valable tous les mois.
Ainsi, le chômage semblera se stabiliser car ils disparaîtront des statistiques.

Seize états (bientôt le double) , ruinés, payent maintenant les allocations avec de l'argent emprunté.
"Le système d'assurance chômage avant la récession était aussi vulnérable que la Nouvelle Orléans était avant Katrina," a dit le Représentant Jim McDermott, le Démocrate de Washington. Source : The New York Times : http://www.nytimes.com/2009/07/24/us/24unemploy.html?_r=1&hp

Il faut tout de même le rappeler, 1,5 millions d'enfants étaient SDF aux USA au mois de mars. Source : http://mwcnews.net/content/view/29970. J’ai d’ailleurs réalisé une étude à ce sujet que vous pouvez lire sur mon blog (Crise systémique : le chaos).
Que vont devenir tous ces être humains? La rue sera sûrement le chemin tout tracé. Les USA vont donc devenir le pays le plus instable du monde avec une situation sociale totalement explosive.

Depuis 2007, le maire de New York a trouvé une solution « miraculeuse » : il paie aux sans-abri des billets d'avion, sans retour, vers la destination de leur choix. «Le maire de New York exporte la pauvreté». Un nouveau concept est né, la délocalisation des pauvres.
Dans les rues on rejoue « Orange Mécanique » et, tous les quinze jours, un SDF décède, agressé par certains pour lutter contre « l'ennui », par « amusement », voire pour « le frisson » : USA/rapport: violence vis-à-vis des SDF : Collectif SDF Alsace. Tel est le bilan publié lundi 10 août par la National Coalition for the Homeless (NCH).

Quant au système de retraite, il va totalement s’effondrer car c’est un système basé sur la capitalisation et l’on devra travailler jusqu’à sa mort pour se nourrir (si l’on trouve du travail !) : rapport GAO du 17 janvier 2008
Igor Panarin, ancien analyste du KGB, spécialiste des USA qui enseigne aux futurs diplomates de la Russie a déclaré en décembre 2008 qu’il y aurait une guerre civile aux USA. Le LEAP / E2020 a d’ailleurs repris la même analyse. Pour Panarin, la guerre civile démarrerait à l'automne 2009, et en juin 2010, le pays serait divisé en 6 blocs. Sergueï Rogov directeur de l’Institut des études américaines et canadiennes pense que ce scénario est probable. Crise systémique – Les solutions (n°4 : régions et monnaies ...

Le chaos social s’installe donc car, ne l’oublions pas, une crise majeure suit irrémédiablement la même chronologie : Etape 1 : crise financière, Etape 2 : l’économie réelle est sinistrée, Etape 3 : crise sociale. L’exemple le plus connu étant celui de l’Allemagne et de la république de Weimar, nous savons comment cela s’est terminé.
Pour l’étape 4, je vous laisse le choix, mais plusieurs options semblent se dégager : une guerre civile avec la mise en place d’une dictature, voire un troisième conflit mondial, au pire les deux (c’est mon avis). Barack Obama sera donc le dernier président des USA tels que nous les avons connus.

Ne l’oublions pas cependant, face à la destruction de la nation américaine, il existe une solution politique et monétaire de rechange : la North American Union (lire : Crise systémique : les solutions (n°3 : un nouveau dollar ...) et surtout la création du grand marché transatlantique (Crise systémique : le chaos, qui ne résoudra pas le problème économique et social.
Pour ceux qui ne comprennent pas pourquoi tous nos billets en euros possèdent un pont traversant l’Atlantique, vous avez maintenant la réponse.

En conclusion, « très peu d'hommes savent se forger une opinion par eux-mêmes. Aussi répètent-ils ce que leur ont dit leurs parents, puis leurs professeurs et enfin ce qu'ils ont entendu aux informations du soir, et ils finissent par se convaincre qu'il s'agit là de leur opinion personnelle, au point de la défendre ardemment face à d'éventuels contradicteurs. Il suffirait pourtant qu'ils tentent d'observer par eux-mêmes, de penser par eux-mêmes et ils découvriraient le monde tel qu'il est et non pas comme on les conditionne à le voir. »
Nous, les dieux, Bernard Werber, éd. Le Livre de Poche, 2006, chap. 103, p. 429.
Gilles Bonafi

 
Mon commentaire:

D’abord je reste dubitatif sur une « forte » dévaluation du dollars. Il ne faut pas oublier les valeurs incommensurables dispersées de par le monde. Tous les échanges commerciaux restent libellés en dollars, même si l’Euro devient progressivement une monnaie de référence.

Si cela se produisait d’un coup, ce serait le cahot sur la planète. Le dollars n’est pas une monnaie comme une autre. Elle n’a pas de référence… de correspondance en or par exemple. Le peuple américain reste le plus dynamique, le plus imaginatif et le plus pragmatique.

Il y a un élément que l’auteur de l’analyse ne prend pas en compte c’est que les ETATS ont donné leur CAUTION aux banques. A partir de là, il serait illusoire de voir le dollars disparaître ou changer de valeur du soir au matin. Si ça doit se produire c’est comme cela se passe actuellement, « petit à petit », jour après jour. Du coup, le résultat n’est plus le même. Quand un état possède une monnaie « faible », les industries repartent car elles peuvent exporter plus facilement. Le coût de la vie diminue : les touristes arrivent en masse. La main d’œuvre devient bon marché et le balancier repart de l’autre côté. L’entraînement vers un plein emploi, les usines marchent à plein régime Etc. Le balancier, comme son nom l'indique, va et revient selon les besoins des grands équilibres. Il est pronostiqué par certain qu'il reviendra aux alentours de 1,25, 1, 30$ pour 1€ d'ici une année.

 

Michel de Lugos
Par Tacanitas - Publié dans : Guilhem - Communauté : entre deux mondes
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /Sep /2009 08:15


                                                                  TIENS TIENS ?

Après un périple à IGUAZU, Guilhem n'a passé qu'une semaine à BUENOS AIRES, On voit qu'il en a bien profité le coquin!

Guilhem a un hobby,  il s'intéresse à la bourse et il est très pointu.. J'attends qu'il me propose une rubrique d'analyse et de prévisions hebdomadaire pour conseiller nos innombrables lecteurs ! dans le choix des placements qu'ils doivent faire pour devenir milliardaires. Il est jeune MAIS "AUX ÂMES BIEN NEES LA VALEUR N'ATTEND PAS LE NOMBRE DES ANNEES".


Voici sa première analyse que je viens de recevoir. Je la laisse telle quelle avec les quelques fautes: Il n'a que 16 ans. La prochaine fois fais plus court, sinon je vais perdre des lecteurs. Ils sont 10 en moyenne actuellement non pas à la fois, par jour. Invite tes cousins à lire pour gagner de la clientèle...(papi)


Salut papi,
je suis totalement d'accord avec ta réponse. Pour faire de la croissance il faut s'endetter, pour investir, pour etre ainsi plus performant sur le marché et de réalisé des bénéfices qui amortiraient le cout de l'emprunt. Mais de 1945 à 2007 on a connu une expansion de crédit qui a mis les pays riches à un surendettement, maintenant il faudrait un processus de désendettement non ? On ne peut pas s'endetter toujours sans rembourser les emprunts précedent. Comment les Etats feront-ils dans l'avenir pour rembourser leurs dettes ? en meme temps d'essayer de faire de la croissance. Les états-unis  sont quand meme dans une grave situation avec un déficit public gigantesque, pour rembourser toutes leurs dettes il faudrait de l'hyper-inflation comme en Argentine en 2001 ou comme au Zimbabwe en ce moment. Es tu d'accords avec ça.

Tu ne m'a pas répondu sur la question de sortie crise. Pour moi en ce moment la sortie de crise est artificielle grace  aux plans de relance émis cette année et sans doute des nouveaux, l'année prochaine ( qu'il faudra  payer à l'avenir) et  la prime à la casse. Les entreprises ont des résultat meilleurs que prévu grace aux restructuration massives, à des dépenses, aux licenciement, chomage partiel. Ce n'est pas de la croissance ça. De toute façon, on risque de replonger avec les autres prets hypothécaire à risque( Alt-A, Arm, Jumpo prime, neg am) ou encore par les LBO mais aussi par la menace de la grippe A

Pour alimenter nos voitures on auras de plus en plus accès aux biocarburant. En clair nos cultures nourriront nos voitures. Donc utiliser moins de pétrole pourrait signifier manger moins. Les prix du pétrole vont sûrement augmenter trés fortement une fois la crise fini à cause des chinnois qui en consommeront de plus en plus et à la spéculation.Je ne suis pas de ton avis...

As tu déjà acheté des obligations ? As tu répondu à un appel à épargne public
Pour ton cours d'économie site moi en  une parti on le complètera ensemble. Je ne suis pas joueur, je préfère investir pour moi comme tu sais. Aucune compétence en matière de "cours" d'économie. Je le regrette. Ce que je dis, je le ressens. C'est tout.

Pour toi la taxe carbonne est un bien ou un mal
Tu te rappels quand je t'ai dit que l'or va augmenter? il était aux alentours de 900 dolars et bien la semaine derniere il a passé le niveaux des 1000 dolars.

je te laisse avec une interview de Paul Jorion ( un qui a  prédit la crise) apparue dans le numéro d’août de Capital ( lien,  tu peut naviguer dans son blog)  il prédit la fin du capitalisme américain… ( Oui, et on peut même mettre une date sur son acte de décès : le 18 mars 2009. La banque centrale américaine avait alors annoncé son intention de racheter des bons du Trésor américains sur des montants considérables. Autrement dit, les États-Unis ont décidé d’avaler leur propre dette, ce qui signe la fin du mythe du dollar sur lequel a prospéré le capitalisme made in Wall Street. Mais tout est fait pour dissimuler la portée de cette décision historique ! )

 

Capital : La Banque mondiale a revu son estimation de la croissance 2009 et s’attend maintenant à un recul de 2,9% du PIB mondial. Cela vous surprend-il ?

Paul Jorion : Non, et c’est une pierre dans le jardin des gouvernements, des banques centrales et du secteur financier, qui veulent nous faire croire à une reprise rapide, à partir d’indicateurs partiels et peu significatifs. On a certes constaté un léger mieux en Bourse, mais à fin juin 2009, l’indice Dow Jones à New York a tout de même perdu près de 40% par rapport à juin 2007. Je ne vois pas sur quoi pourrait reposer un vrai mouvement de hausse car les tendances de fond ne se sont pas améliorées.

Capital : Vous ne détectez aucun signe positif ?

Paul Jorion : Nous sommes un peu comme un parachutiste filmé en chute libre, qui a l’air immobile alors qu’il tombe à plus de 300 km/h : tous les prétendus signes de reprise ne sont qu’une manière avantageuse de présenter les choses. Je pense en particulier à la situation de l’immobilier américain, d’où tout est parti. On a crié victoire parce que les ventes de maisons neuves avaient augmenté de 4,7% en février dernier. La belle affaire : elles ont de nouveau reculé de 0,6% en mai, et de toute façon, dans ce genre de statistiques, seule une évolution de l’ordre de 10% est significative. Même chose pour les ventes de maison existantes, qui ont légèrement augmenté au printemps, mais restent en recul de 34% par rapport à 2005. En réalité, les volumes de vente et les prix ne sont pas là qui signaleraient que l’activité est en train de reprendre.

Capital : Sur quoi se fonde votre pessimisme ?

Paul Jorion : Le léger redécollage de l’économie va révéler des problèmes qui restent pour l’instant sous le tapis, et entraîneront un nouveau plongeon. Dans l’immobilier, les maisons des ménages en difficulté n’ont pas encore toutes été remises sur le marché, ni même saisies. Je connais une femme aux Etats-Unis qui ne rembourse plus son prêt immobilier depuis 11 mois. En principe, il y a défaut de paiement dès trois mois et la saisie intervient au bout d’un an environ. Dans son cas, la banque ne se manifeste toujours pas : elle n’a en effet aucun intérêt à engager des frais de rénovation (les maisons saisies sont souvent très dégradées) pour revendre le bien au tiers de son prix d’achat initial. Mais dès que les affaires reprendront, on soldera ce genre de situations. Les investisseurs professionnels (hedge funds, sociétés de private equity…) sauteront sur la première occasion de revendre les maisons saisies qu’ils ont acquises, et cette arrivée massive de biens sur le marché maintiendra les prix au plus bas. Cet attentisme est à l’œuvre dans l’ensemble de l’économie. Regardez ce qui se passe en Bourse. Début juin, on a appris que le fonds souverain d’Abu Dhabi avait vendu 1,6 milliard d’actions de la Barclays, à la faveur de la reprise des cours. L’action a aussitôt perdu 14%. Sur la chaîne d’info financière Bloomberg, le journaliste qui annonçait la nouvelle a conclu : «Voilà donc à quoi aura servi le sursaut des marchés». Beaucoup d’acteurs économiques ont des choses à vendre et s’en débarrasseront dès que possible.

Capital : Les plans de sauvetage décidés par les Etats ne permettront-ils pas de contrecarrer cette spirale ?

Paul Jorion : J’ai du mal à appeler «plans» ces ensembles de mesures désordonnées. Les gouvernements tâtonnent. Prenez la solution dite de la «bad bank», qui consiste à créer une structure chargée de débarrasser les établissements financiers de leurs actifs pourris pour les revendre. On en a beaucoup parlé en 2007, puis on nous a expliqué que ce n’était pas une bonne idée, avant semble-t-il de s’y remettre – l’Allemagne vient de lancer une mesure de ce type pour aider ses sept grands banques publiques régionales mais les États–Unis viennent d’abandonner à nouveau leurs plans de « banque de mauvais aloi ». En réalité, on ne sait pas ce qu’il faudrait faire, donc on essaie un peu de tout, on met en œuvre ce qu’on avait écarté six mois plus tôt… Quant aux plans de relance à proprement parler, ils ne sont pas à la hauteur. Je mets à part la Chine, qui a entrepris un effort extraordinaire pour réduire sa dépendance à l’égard de la demande américaine au profit de sa consommation intérieure. Il y a là de quoi transformer ce pays en locomotive de la croissance mondiale, même si cela prendra des années.

Capital : Et dans les pays riches ?

Paul Jorion : Pour compenser la hausse vertigineuse du chômage, il faudrait dépenser des sommes faramineuses, hors de portée de nos Etats pris à la gorge par les efforts de soutien au secteur financier. L’impression actuelle de stabilisation est donc trompeuse : le pire est devant nous et il ne suffira pas d’une bonne purge pour repartir. En 2004, j’ai commencé à rédiger mon livre «Vers la crise du capitalisme américain» (lire page XX) parce que, comme d’autres observateurs, je voyais venir non pas une crise classique, mais un véritable cataclysme. Malheureusement, tout se déroule comme nous l’avions pressenti.

Capital : Que répondez-vous à ceux qui disent, au contraire, que l’autorégulation du capitalisme va, comme toujours, permettre de s’en sortir ?

Paul Jorion : Je leur réponds qu’ils ne perçoivent pas la complexité et l’ampleur de cette crise, qui n’a rien de comparable aux précédentes. Ce qui s’est effondré, c’est le nouveau capitalisme né de la révolution bancaire des 25 dernières années. L’informatique et ses calculs ultrarapides a donné naissance à un environnement financier d’une complexité inouïe. Depuis les années 90, les mathématiciens, les physiciens et les informaticiens ont pris le pouvoir et créé des instruments financiers fondés sur des modèles empruntés aux sciences. Mais au prix d’énormes simplifications. Quand on s’y plonge en détail, on s’aperçoit que tel modèle repose sur l’hypothèse d’un taux d’intérêt ou d’une vitesse de circulation monétaire constants, ce qui le rend totalement irréaliste. Parfois, on simplifie pour des raisons prosaïques : un jour, un biologiste m’a expliqué que son modèle prenait en compte six paramètres, au lieu de quinze idéalement, parce qu’il ne disposait pas des fonds nécessaires pour mener une recherche plus sophistiquée. Idem dans les banques : les moyens à la disposition des rois de la mathématique financière n’étaient pas infinis, alors on s’est satisfait de constructions dans lesquelles cinq paramètres rendaient compte de 95% d’un phénomène. Le diable était logé dans les 5% restants… Au total, on n’a jamais vraiment su comment fonctionnaient la plupart des instruments créés ces dernières années. Il faut 600 à 800 pages de notice pour décrire un «mortgage-backed security» (MBS, c’est-à-dire un titre hypothécaire). Pour le décrire, même pas pour prendre en compte ses interactions avec les marchés sur lesquels il s’appuie ! Comment voulez-vous modéliser le comportement d’un monstre pareil ? Et le pire, c’est que la toxicité des actifs continue d’augmenter : tous ceux qui s’appuient sur le crédit à la consommation américain par exemple, puisque la hausse du chômage compromet de plus en plus la solvabilité des ménages.

Capital : Le secteur financier saura-t-il réparer ses propres erreurs ?

Paul Jorion : Cela va être difficile, car les as de la modélisation ont été les premiers virés ! Dans les banques, il ne reste que des dirigeants et des subalternes. Cela dit, la dernière chose dont nous ayons besoin serait de réintroduire de l’innovation financière. La preuve est faite que nous avons joué les apprenti sorciers. Mais le secteur bancaire ne semble pas l’avoir compris. Voyez l’empressement des établissements à «rembourser» les aides publiques : ils se débarrassent avant tout des systèmes de soutien qui comportaient en contrepartie des mesures de limitation des rémunérations, afin de retrouver leur liberté de distribuer des bonus. Un jour, ils comprendront que le système n’est pas rentable, car le nombre des bénéficiaires des bulles successives est de plus en plus réduit. Mais ce ne sera pas le mois prochain ou dans un an, plutôt dans 5 ans, car on n’en est pas encore au stade de l’écœurement. Comme disent les Américains, «we are waiting for the second shoe to drop» (littéralement, on attend la chute de la deuxième chaussure), l’acte 2 de la crise. Je perçois déjà des signes inquiétants. Par exemple, la note attribuée par les agences spécialisées à la dette du Royaume Uni pourrait être dégradée. Cela aurait des conséquences énormes pour ce pays, mais cela montrerait aussi la vulnérabilité d’un Etat qui est au cœur de la finance mondiale.

Capital : Vous tirez à boulets rouges sur le système financier, mais n’a-t-il pas permis d’alimenter la croissance spectaculaire des années 2000 ?

Paul Jorion : La financiarisation est née de la révolution informatique, pas des besoins de de l’économie. Les grands progrès des décennies écoulées ne doivent pas grand chose à la Bourse. Dans les années 70, Bill Gates a lancé Microsoft avec 50 000 dollars, pas avec des millions. Et la conquête de l’espace ou le séquençage du génôme humain ne se sont pas joués à Wall Street. L’économie a évidemment besoin de la finance : si des acteurs économiques ont du pétrole à acheter ou à vendre, ils doivent pouvoir mobiliser les moyens nécessaires et s’assurer les uns vis-à-vis des autres. Le problème, c’est quand vous retrouvez sur le marché du pétrole, comme ces dernières années, des musées, des hopitaux, des fondations universitaires, des fonds de pension qui viennent jouer au casino. Quand je critique la finance mondiale, on m’accuse de vouloir interdire la spéculation. Ce n’est pas le cas. Acheter une maison en espérant que son prix va augmenter, c’est normal : l’investisseur prend un risque et espère être rémunéré en conséquence. Ce qui est anormal, c’est quand la hausse des prix est alimentée par l’échange d’actifs financiers inventés pour ouvrir l’accès à la propriété à des gens en principe insolvables. Dans ce cas, la spéculation devient problématique car pour susciter une rémunération, elle crée de toutes pièces un risque pour l’ensemble du système. Il y avait autrefois à New York ce qu’on appelait les «bucket shops» : des boutiques de paris où l’on misait sur la hausse ou la baisse des actions. Que les joueurs gagnent ou perdent, cela n’avait aucune influence. Aujourd’hui, les bucket shops ont été intégrés à la Bourse : chaque pari a un impact sur les cours. Un peu comme si le résultats d’un match de foot dépendait de votre mise au Loto Sportif…

Tacanitas

 

 

 

Par Tacanitas - Publié dans : Guilhem - Communauté : entre deux mondes
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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /Sep /2009 08:00

Guilhem,
Merci de ce commentaire. Donc tu reconnais ces photos certainement puisque ce sont les tiennes. Tu as raison, c'est une merveille dans une région merveilleuse qu'il faut connaître.

GUILHEM-Argentine-081.jpg

Pour les questions que tu me poses, je ne suis pas madame Soleil. On entend tout. Je crois qu'il faut raison garder. Ce n'est pas la crise de 29 qui a entraîné la seconde guerre mondiale par la bêtise humaine. Et tous ceux qui comme toi sont vraiment curieux de tout saurons passer au travers des orages de la vie. Saurons s'adapter en toutes circonstances, même au prix de virages à 180°. Grâce tout simplement à une tête bien faite comme la tienne. Je n'ai pas dit bien pleine, car ça ne suffit pas. Depuis 65 ans nous n'avons pas connu de guerre en france ni en Europe. Par contre nous sortons d'une crise du capitalisme pour entrer dans une autre. Il n'y a pas si longtemps sous MITTERAND le taux de chômage dépassait 10% de la population active. J'ai lu récemment que pour une évolution normale, une croissance, le vice de l'individalisme était nécessaire. La croissance est le seul moteur de l'économie. Les investissements par l'emprunts permettent cette croissance à condition de choisir les investissements. Exemple: Si je change de voiture, j'emprunte la somme à la banque et je rembourse. Mais, il faut que je sacrifie une partie de mon salaire, ou de mes revenus pour rembourser. A la fin des remboursements l'auto ne vaudra pas grand chose. Si par contre j'emprunte dans une nouvelle machine plus moderne (si je suis fabricant de meubles). Cette machine augmentera la productivité et se remboursera par le supplément de chiffre d'affaire que je ferai. Je pourrai construire une autre usine, ou une autre boutique pour vendre plus. Un des facteurs limitants sinon le seul: la confiance. Les crises sont le résultat d'une perte de confiance. A grande échelle, prenons l'extraction de pétrole du sous sol; les compagnies font d'énormes bénéfices, ce bénéfice est en partie réinvesti dans des matériels plus performants par exemple pour aller extraire toujours plus profond sur terre ou en mer. Ainsi, le pétrole se découvre au fur et à mesure de nos besoins. Il paraît même qu'il continue de se former au fond des océans. Donc, tu auras de quoi rouler encore longtemps. Le progrès ne s'arrête jamais. Sauf dans des sociétés trop "sociales", trop étatisées, les dictatures: Le zimbabué est un exemple, l'Union Soviétique un autre, CUBA aussi, même l'Argentine. Il en est de même pour la nourriture que l'agriculture peut produire. Quand on réfléchit, le monde ne sera jamais fini. Il existe des réserves inépuisables de terres comme de techniques(qui se découvrent jours après jours). Ce sera vrai pour les biocarburants demain malgré tous les oiseaux de mauvaise augure qui prédisent toujours plus de maladies et toujours plus de décès prématurés. Alors que l'espérance de vie ne cesse de reculer. On disait que les prix des matières premières dont les céréales augmentaient par pénurie. Aujourd'hui les stocks de report de blé ont augmenté de 50 millions de tonnes. Le prix est revenu à celui pratiqué en 2004.

Les ETATS UNIS malgré toutes les prédictions de mauvaises augure, saurons toujours se tirer de tous les mauvais pas. C'est un peuple solidaire, imaginatif, courageux qui sait prendre des risques. C'est un peuple pionnier acceptant d'emblée, s'il le faut, beaucoup d'inconfort temporairement.
 Je ne connais pas assez les autres cultures telles le Japon, Chine, Inde, Russie. On nous prédit une démographie importante en INDE. Et en Chine un développement considérable entraînant des consommations de plus en plus grande d'énergie fossile. Ces pays possèdent des Universités, donc de nombreux ingénieurs. Selon moi, l'humanité saura s'adapter pour exister et toujours en progressant pour le mieux être du plus grand nombre. Je suis positiviste.
Il y aura toujours des faibles, et des paresseux qui resteront au bord du chemin. Cela a toujours existé.
La Turquie, jusqu'à plus ample informé est un pays laïque, tollérant. Je ne serait pas opposé à son entrée dans la communauté européenne. Ce pays constiturait un rampart face aux pays considérés aujourd'hui à tord ou à raison comme terroristes.

Papi
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Par Tacanitas - Publié dans : Guilhem
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