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Un déménagement !...
Après un séjour d’une année à WESBURG avec notre troupeau, il faut plier bagages. Le bétail est déjà de retour. Maintenant, il faut faire place nette, rapatrier mobilier et matériel.
Régis me charge de l’opération pour hier. La veille, je prévois partir « à la madrugada » c'est-à-dire vers 5h pour être sur place à 8 et procéder au démontage et chargement avant les grosses chaleurs de l’après midi. De sorte que nous soyons en voiture climatisée au plus chaud de la journée et rentrés avant la nuit. La remorque n’étant pas équipée en éclairage.
Contre temps par l’orage de la nuit. Tonnerre à partir de 10h jusqu’à 4h du matin, Température très élevée, coupure de courant, donc plus de clim ni ventilateurs. Nous baignons dans la sueur sur nos lits. Je sors pour m’installer sous l’auvent dans un fauteuil. Le matin plus question de partir, les chemins par temps de pluie sont impraticables surtout avec un 2 roues motrices.
Nous attendons de pouvoir appeler pour connaître le temps qu’il fait sur place. Beau temps. Donc, je pars à 9h avec mes peons. Arrivés vers midi, je ne prends rien pour déjeuner car, les nuages arrivent et s’épaississent. Grosses menaces…Nous déjeunerons quand nous serons sortis de la poussière, j’allais dire de « la merde » qui se présentait devant nous.
Au lieu de démonter le groupe pour le charger sur la camionnette et charger une remorque dans la seconde pour être en conformité avec un palan attaché à une branche d’arbre, Je
décide de mettre les remorques l’une derrière l’autre, vérifier les pressions des pneus, charger ce qu’il y a à charger et partir. 2 pneus sont lisses sur la remorque du groupe LISTER qui pèse
son poids. Tant pis, si nous ne partons pas, nous coucherons dans la camionnette. Pas de temps à perdre. Sur le chemin de terre, il faut tenir compte des trous, des ornières et du matelas de
poussière que nous levons à notre passage obscurcissant la visibilité à ceux qui nous suivraient comme à ceux qui nous croisent. Donc selon les endroits, je roule de 10 à 20klm/heure. 3 bonnes
heures pour parcourir les 65 kilomètres. Les nuages sont devenus noirs d’encre. Juste devant nous, nous voyons qu’il pleut… Ouf, nous sommes sortis de ce bourbier que le déluge s’abat sur nous,
un enfer de vent et de pluie tropicale nous contraignant à nous arrêter. La route n’est plus visible, c’est un rio. Nous prenons un casse croûte dans un « comedor »
du village. La pluie peut tomber. Sur le goudron plus de soucis sauf pour les pneus. Alors je roule à 60/ à l’heure pas d’avantage. Quand Régis nous voit arriver, au lieu de me dire merci, :
« ça te plaît toujours autant de prendre des risques et de te faire monter l’adrénaline ? ». Mais les pneus ont tenu, nous étions contents, la chance ou le miracle a eu lieu. Hélas
je n’ai pas de photos de mon attelage. En France nous n’aurions pas fait 5 kilomètres.
Malgré des os et des artères de 72 ans, après des émotions comme celles-là, le soir venu on dort comme un bébé…
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