Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 06:52

 

L’ANNEE 78

 

 C’est cette année là que nous récupérons les pare-feux BOEKEN et PARIGNY. En tout 40 has. Le coût ...élevé.

 

L’ANNEE 79

 

Un vendeur de séchoir à maïs se présente et nous achetons notre premier séchoir fonctionnant sur prise de force. Grâce à une irrigation mieux maîtrisée avec des Big BOSS, les rendements atteignent 90 quintaux.

 

L’ANNEE 80

 

Nous empruntons pour électrifier l’exploitation. Plus de 4 klm de ligne Moyenne Tension aérienne privée. 2 tempêtes 99 et 2009 nous obligeront à en enterrer un tronçon.Les pins devenus grands tombaient sur les fils au vent dominant.

 

L’ANNEE  81

 

J’achète 2 corn-shellers, chacun 45000frs, pensant pouvoir récolter au rythme du séchage. Ecroulement d'une cellule suivi d'un incendie du séchoir.

Construction de mes main et avec mes idées à cause de la crainte de manquer de fric ! (mauvaises une fois de plus) une cellule à grain en parpaings avec le séchoir accolé et des vis de reprise pour remplir les camions.

En la présence de Jean LOUIS D. mon neveu qui entend des craquements, tout s’effondre.

Avec l’aide du directeur du silo de Solferino coop de PAU. Euralis aujourd’hui, qui nous prête une suceuse et des caissons, avec la venue de Jean Michel qui abandonne son stage, nous récupérons 180 tonnes de maïs parmi les gravas des silos. Nous sommes le 2 ou 3 novembre. Le 11 novembre tout sera déblayé, seul subsiste le séchoir et une plate forme bétonnée. Depuis la veille nous recommençons à moissonner et, donc à sécher. En arrivant à 7heures, il faisait encore nuit, de loin nous croyons voir des étincelles et des braises… En effet, le séchoir était entrain de brûler. Nous terminerons la moisson sans sécher. On verra plus tard.

Je conduisais le corn-shellers en compagnie de papa, car il y avait de la morelle qui s’enroulait autour des rouleaux des cueilleurs. Il fallait s’arrêter souvent pour débarrasser les rouleaux à l’aide d’un grand couteau. Et, quand un corn-sheller tombait en panne, D. le réparait et je prenais l’autre.

L’’indemnisation de l’incendie du séchoir nous permet d’en acheter un second d’occasion et réparer le premier grâce au vendeur qui nous avait assisté à l’expertise.

C’est cette même année que nous achetons les pivots des parcelles devant le hangar. Nous progressons sensiblement dans les rendements.

 

LES ANNEES 82, 83, 84

 

Nous investissons chaque année dans des pivots nouveaux ou des rampes frontales ainsi que dans du matériel neuf. Les amortissements annuels atteignent le million voir un peu plus. Les intérêts bancaires s’élèvent à 350000 Frs. /an.

On remarquera ainsi, sans l’avoir dit, l’arrivée de JEAN MICHEL sur l’exploitation à partir de 81.

Jusqu’en 89, nous assumons les lourds investissements réalisés.

Il faut rappeler en 84 le cyclône Hortense:

L’ANNEE 89

 

Nous reprenons la seconde partie dans le CEA aprsè dépôt de bilan. Ce sera Jean Michel qui assumera le supplément de travail et de stress pour faire face à l’agrandissement et à l’irrigation. FRANCOIS XAVIER et REGIS apportent leur concours. Il fait particulièrement chaud cette saison 89.

L’année suivante, nous subissons des actes de vandalisme sur le matériel en cours d’irrigation un peu partout. Là un souple coupé au couteau, ailleurs un anneau passé l’autre côté d’une olive servant de butoir permettant l’arrêt de l’appareil par débrayage et décharge de pression pour stopper la pompe. Ailleurs un point d’ancrage arraché.

Une nuit, en faisant la ronde avec François Xavier et Régis, j’aperçois des phares de l’autre côté de la grande parcelle (A). Nous fonçons, en contournant la parcelle pour rattraper notre suspect. Nous ne pouvons qu’essayer de le suivre à la trace des roues de son véhicule. Celle-ci nous conduit dans une cour de la ferme où il était chef de culture. Il était là nonchalant. Il n’était pas très à l’aise, mais n’avoue rien comme il n’avouera pas plus à la gendarmerie où il fut convoqué en confrontation. Entre temps, j’avais pris en stop LUCIEN sortant de prison pour surveiller la nuit équipé d’une longue matraque. Jamais plus nous n’aurons d’acte de vandalisme…

 

Année 90

 

En 90 Jean-Michel demande à pouvoir rouler seul pour son propre compte. Je lui avais proposé de continuer ensemble. Il me répond « - je veux faire comme toi" . Nous lui laissons un tracteur RENAULT dont nous continuons d’assumer les dernières échéances, la banque prend notre caution à hauteur des sommes imprécises des emprunts qu’il souscrira pendant plusieurs années.

 Déjà il faisait du gazon pour Mr G.. Je l’avais « branché » un jour que Mr G. passait sur la route du CEA en quad.  Nous discutons un moment pour faire connaissance et savoir ce à quoi chacun se destine. Il élevait du gazon sur des pare-feux pour le vendre à des particulier, faire des terrains de foot ou de golf. Je lui propose alors s’il n’aurait pas intérêt à semer son gazon sous un pivot au lieu de déplacer tous les jours les cannes d’arrosage hectare après hectare. Le lendemain, il nous cherchait pour tenter une expérience de 4 hectares de green. Nous nous entendons sur les conditions. Je dis alors à JEAN-MICHEL. "ce sera pour toi". En supplément de son salaire. C’était le départ de son odyssée que l’on connaît aujourd’hui.

Jean Michel  ne peut pas exercer une autre profession que celle d’agriculteur. Tout petit, il avait la main verte, il prenait une plante, un petit arbre souvent, là où nous étions en balade, pour la replanter dans le jardin.

Je ne sais s’il se souvient de l’orage à COURSONNAIS. Quand il y avait du travail dans les champs, il nous accompagnait. Ce soir là, nous rentrons la dernière charretée de foin. Nous étions toujours en avance pour couper les foins. Je prenais un congé d’une semaine et nous coupions tout d’un coup. C’était la dernière charretée et le temps menaçait sans plus. En un instant, le ciel s’obscurcit totalement et l’orage éclate. J’avais JEAN MI sur mes genoux, au volant du FEGUSON « la fourmi ». Depuis le fond du pré, je revenais accélérateur à fond. Le tracteur fumait tout ce qu’il savait, la pluie et le tonnerre produisait un décor dantesque. Mais notre foin était sauvé, à l’abri. Le temps devint pluvieux tout le mois qui suivit.

Régis est au service militaire, Je suis en permanence sur l’exploitation. François Xavier tient l’agence…

 

ANNEE 91

 

Régis arrive sur l’exploitation un peu avant la récolte. Nous faisons du maïs doux, ce sera le licenciement de P.

 En 76 lorsque je l’embauche pour la moisson après le départ de G., il eut une attitude bizarre. Il conduisait une remorque et avait des moments d’attente. Je vais pour le voir, je l’appelle, personne. Deux minutes plus tard, il apparaît tout engourdi de sommeil. Monsieur avait piqué son roupillon. Au lieu de le réprimander, au moment de la paie, je lui donne plus qu’il avait été convenu. Surpris, il donna satisfaction en apparence.

En 78, son collègue me prévient: « - P. vous vole du gasoil »…

Plus tard après la récolte, un samedi que je ne devais pas être là, je vais au silo à l’improviste; je trouve 4 personnages en flagrant délit de charger du maïs en sac sur un petit camion. Il y avait notre P. et le Baquèire. J’étais en situation de faiblesse. 4 contre un, et, aller chercher les gendarmes, les preuves disparaissaient. Pas de téléphone comme aujourd’hui. Manque d’imagination ? Poltron certainement ?

Avec J. M., il y avait souvent des conflits, des désaccords. Je temporisais, je calmais les esprits donnant trop souvent raison à l’ouvrier.

Quand Régis est arrivé, nouvelles tensions. Flagrant délit de larcin et de mensonge. Cette fois ça suffit. Je le prie de partir sur le champ. Mal m’en a pris…

 

Les années suivantes Régis est aux commandes avec E,  Puis F X  à partir de 2001. En 94 je cède l’agence, mais, je n’avais vraiment plus ma place à la TRAOUSSAT. « Il ne faut pas deux 'reines cabochardes dans la même ruche. »

 

 

Tacañitas le 15 juillet 2009. Suite du récit.

 

 

 

 

 

 

VOYAGES:

 

 Il y a eu St BRIEUC à vélo, Dinan en JEEP, TOULON en Dauphine pour notre voyage de noce. Ne parlons pas des voyages pour l’Argentine.

Ceux qui comptent:

* Ce fut pour aller acheter des vaches hollandaises dans la Somme ou dans l’Oise à PICQUIGNY, en 4L, avec papa. Parti de Coursonnais vers 3h du matin, nous étions de retour à 3h le lendemain. 24heures. J’étais toujours pressé, il fallait faire tout très vite, trop vite.

Les suivants seront à partir des Landes et POUR les LANDES.

* J’avais acheté un tracteur 90 CV, de marque HANOMAG à Amiens. D’Amiens je l’avais d’abord acheminé jusqu’à COURSONNAIS à GORRON. De là après avoir attelé la remorque, la fourmi dedans, plus divers outils. C’est Albert Madelin, son fils C. et Y. L. qui à tour de rôle l’ont conduit jusqu’à l’exploitation des Landes ou plutôt, il faudrait dire le "no man's land". Je les accompagnais avec un fourgon (tube rallongé) CITROËN chargé d’une houe rotative appelé ROTADAIRON de 2m50 de largeur, de la literie et de la vaisselle avec nos repas. 500kilomètres 22 heures durant.

Nous arrivons vers 4 h du matin, nous déchargeons le rotadairon du fourgon avant de pouvoir nous allonger sur le plancher pour nous reposer une heure ou deux. En effet le constructeur Monsieur DAIRON arrivait à 7h le matin même pour filmer et faire la mise en route de l’engin. Film dont il se servirait pour sa publicité. Tous les végétaux étaient chargés de givre . Je découvre qu’on peut avec un transformateur obtenir du 220 volts à partir d’une batterie de voiture.

Quelques semaines plus tard, nous étions toujours en NOVEMBRE 72, -l’Hanomag laisse entendre un bruit anormal dans les pignoneries intérieures. PHILIPPE S. l’ouvre en deux sous le hangar d’une exploitation voisine.

J’avais entre temps acheté un second tracteur identique à VOVES près de Chartres, ainsi qu’une charrue à disques et divers matériel dont une grande remorque 4 roues pour 500frs. Chaque tracteur me coûtait 18000frs.

*- Assureur, je tenais ma permanence chaque samedi à AMBRIERES, Je revenais donc des LANDES chaque vendredi  soir vers 19h, j’arrivais vers 2h du matin le samedi, et, j’étais au bureau à 8h jusqu’au soir 19h. J’étais en famille le dimanche matin, et je repartais vers 14h.

Nous n’avions pas de téléphone ni électricité à l’exploitation. Pas même un abri de fortune. Arrivé au travail ce lundi matin, Philippe, l’ouvrier, m’entraîne voir le tracteur coupé en deux et me montre les pignons de prise de force ébréchés, des  dents manquantes.

Aussitôt, je prends la décision d’aller en Allemagne à l’usine de fabrication de ce tracteur où j’ai le plus de chance de trouver des pignons neufs dans les délais les plus brefs. La marque avait cessé le montage de ces tracteurs. Je prends le train à YCHOUX pour arriver le mardi soir à Hanovre, juste un peu après la fermeture de l’usine. Malgré tout, le gardien comprenant la situation appelle un responsable des magasins (d’une superficie de plusieurs hectares). Le magasinier m’entraîne vers les casiers devant contenir les précieux pignons. Il m’en donne un, l’autre n’est plus en stock et me donne une adresse à SARREBRUCK. Il était trop tard pour repartir. Je suis resté dans cette gare d’Hanovre bien fatigué attendre le premier train du matin. La gare ne comportait aucune chaise, aucun banc. J’ai seulement pu m’asseoir sur une marche d’escalier.

Dans la journée du mercredi je suis chez le concessionnaire de SARREBRUCK. Il n’avait pas non plus le fameux pignon. Il me l’enverra sous deux jours. Je reprends le train du retour. Arrivé le jeudi vers 11h, à Paris, je prends le temps de téléphoner à CHRISTIANE pour l’informer. Elle m’annonce que le tracteur Hanomag 901 de VOVES est prêt et la remorque chargée. Je me fais établir un changement de destination au guichet de la gare avec remboursement de la différence. Au lieu d’YCHOUX, je prends CHARTRES ce jeudi matin. De CHARTRES, je prends un taxi pour VOVES et vers 17h, je m’installe au volant du tracteur…direction: LES LANDES. Pour le bruit du moteur, j’avais des boules de papier mâché dans les oreilles. Je m’arrêtais de temps en temps, 2 ou 3 fois, prendre un café pour rester éveillé. Je me souviens que le même camion me redouble après chacun de mes arrêts. Pour un peu, la tortue serait arrivée avant le lièvre.

J’arrive à l’exploitation exactement 22h plus tard, le vendredi à 3h de l’après midi. Repos jusqu’à 7h et je repars pour AMBRIERES: 500 kilomètres

Le samedi j’étais au bureau à l’heure.

Notre plus proche voisin en conversation avec mon père dit à ce dernier-"Votre fils voudrait bien acheter, mais il n'a pas d'achetoire ! 

*- Par deux fois j’ai acheminé par la route 2 CORN SHELLERS  en 76. Engin très large avec un cueilleur de 4 rangs.

La difficulté c’était la largeur de 4M et la conduite hydrostatique difficile à maîtriser. La vitesse ne dépassait pas 18 à l’heure. Je me souviens m’être arrêté de nuit dans un champ récemment moissonné, et j’ai dormi entre des bottes de paille.

 Depuis la Beauce, je fais ramener par la route un tracteur NUFIELD et une vieille remorque à grain par Dominique mon neveu.

*- Une pelle LIEBHERR sur pneus, depuis la frontière Belge, avec l’aide de REGIS en 91. Aujourd’hui en 2009 la pelle est toujours en service.

Depuis CLAIREFONTAINE, conduite de jour comme de nuit à 12-14 km/h avec en remorque le trafic qui me servait de roulotte, et dans lequel était chargé un gros godet trapézoïdal. J’avais comme compagnon FRIPON, notre chien Cocker Spaniel. J’ai récupéré au bord de la route un matelas que j’ai utilisé pour dormir. Fripon respectait mon sommeil. Je contourne Paris par l’Est. Je me suis retrouvé à passer dans des régions très accidentées? De sorte que mon système d’attelage du Trafic s’est cassé. Principalement en traversant la ville d’ORLEAN par des déviations. Je fus contraint d’abandonner le Trafic un peu avant CHARTRES. Il fut récupéré par CHRISTIANE. Ne pouvant plus dormir d’autant qu’il fallait profiter de rouler la nuit qui comportait moins de circulation, je conviens avec Régis de me relayer aux environs de BLOIS pour passer une nuit en hôtel. Je le retrouve le lendemain et lui laisse la voiture.

J’avais le temps de cogiter. Je me souviens avoir eu l’idée qu’il serait tout à fait possible d’aller jusqu’en AFRIQUE avec du temps, et surtout une roulotte et mon chien. Je n’avais jamais conduit ce genre d’engin… 18 tonnes environ.
Je m’arrête sur une aire de stationnement. Il y avait une petite boutique ambulante où on pouvait trouver boisson et sandwichs. Il y avait à mes côtés des routiers, on sympathise. L’un d’eux me demande d’où je venais et où j’allais avec mon convoi. « - je viens de la frontière Belge et je me rends dans les LANDES. «   « - c’est D’ABOVILLE de la pelle hydraulique qui fait une traversée » qu’il lance à la cantonade.

Plus tard en Charente, je m’arrête vers 2h du matin sur un grand parking pour pisser et marcher. Lorsque je reviens vers mon poste de pilotage, les gendarmes m’attendaient et me demandent mes papiers. :

 « - qu’est-ce que vous faites, c’est à vous la pelle? Etc. ; d’où venez-vous, où allez-vous? Pourquoi roulez-vous la nuit?? » Ces engins n’ont pas de carte grise, ils sont dubitatifs mais je parle de la Mayenne, l’un d’eux dit qu’il avait séjourné à LAVAL un certain temps; détente; et on me souhaite bien du plaisir et bon courage.

Régis reprend le volant un peu avant St ANDRE DE CUBZAC avec toute la zone urbaine de BORDEAUX à traverser. Il se fait interpeller par la maréchaussée, se fait conduire au poste, car, il est interdit de rouler avec des engins de travaux publics sur les portions d’autoroute. Les gendarmes cherchent le règlement. En fait, il n’était autorisé qu’à passer sur le pont d’AQUITAINE. Ni avant, ni après.

Régis leur dit:

« - mon vieux vient de traverser la France sans difficulté aucune ».

Alors ils décident de l’escorter, jusqu’à ce qu’il reprenne la Nationale 10.

Il arrive vers 17h à LUGOS.

 

Quand nous étions enfants, papa achète un âne. Il servait à tout faire. Maman pour monter l’eau du puits du bas du plan jusqu’à la maison. À louis et moi pour faire les courses jusqu’à FRESNES.

Après la guerre aux Perrettes papa achète une JEEP WILLIS de l’armée américaine. C’était plus rapide à démarrer et sur la route que les attelages de chevaux. Elle avait toujours une remorque ou des outils attelés pour se rendre Au BOIS ROBERT, à LA CHEVROLIERE, ou AU CHAMP. Je lui avais modifié un châssis de la « Prima 4 » Renault en remorque à foin. Un dimanche je dis à LOUIS « - tu viens, on va faire un tour. ». Nous voilà partis à 58 miles /h : Sourdeval, Mortain, PONTORSON, ST MALO, jusqu’à DINAN. Là, il était grand temps de faire demi tour pour ne pas se faire rouspéter…Mon frère me disait « -t’es fou, il faut rentrer ». Comme ça, pour rien, sinon le plaisir de refaire le trajet que je faisais à vélo pour me rendre ou revenir de Saint BRIEUC. . Une fois aux vacances de PÂQUES, il me fallait plus d’une journée pour faire le trajet à vélo. J’avais une couverture. Je cherchai un endroit à l’abri d’une haie pour dormir. Le matin tout était blanc, couvert de neige --et moi aussi.

Futilités.

Avec la JEEP et la botteleuse que papa avait achetée à crédit sur 5 ans. J’avais entrepris d’aller botteler le foin des agriculteurs des environs. De bouche à oreille, tout ce qui est nouveau se sait loin à la ronde. A partir de la levée de la rosée du matin, je bottelais les andains à la demande jusque tard dans la nuit, parfois 2h du matin. Puis, j’avais des clients qui n’attendaient pas la botteleuse, il n’y en avait qu’une, et qui mettaient le foin en meule. En ce temps on bottelait à la main à partir de 4h.S’il y avait une machine pour faire le même travail, tout le monde courait après. Si bien que je ne dormais pratiquement pas et je ne pouvais pas toujours arriver à l’heure pour botteler le foin du père!!! L'engueulade...Ce fut 15 jours de bonheur sans dormir. J’avais compté 5 heures seulement dans des draps sur les 15 jours. Sur les rotules. Pour 3 fois rien. 350 francs de bénéfices avec lesquels j‘achetai une pendule électrique, c’était les premières, pour l‘offrir à ma mère. Pour remplacer l'horloge dont il fallait remonter les poids chaque semaine et qui prenait du retard..

Nous avons réalisé d’autres voyages sans avoir besoin de les raconter : 1) des vacances en Autriche, 2) un séjour au Caméroun, 3) voyage d’étude au CANADA, 4) Aux Etats Unis avec la COOP de PAU.

 

 

 AVENTURES DONT ON SE SOUVIENT

 

C’est en NOVEMBRE 72, Christiane se perd

Peu après notre débarquement avec le fourgon Citroën et 1er convoi HANOMAG. Christiane vient me chercher. C’était la seconde fois qu’elle venait jusqu’au terrain seule depuis AMBRIERES. Par la suite on ne compte pas.

Elle se trouve sur la route circulaire du CEA, il faisait nuit, 3h du matin. Elle ne retrouve pas la piste du campement et, se voit contrainte de passer le reste de la nuit dans la voiture. Fatigue et brouillard.

Ce sont les gardes du CEA qui faisaient leur ronde qui voient cette voiture. :

 « Où allez-vous donc, vous êtes perdue. Vous êtes arrivée, venez suivez-nous ». Nous étions à 4 à dormir sur le plancher du fourgon, il fallait lui faire une petite place; toute une affaire!

 

 

Notre jeunesse s’est passée en Normandie, dans l’ambiance de la fraude d’eau de vie. Mon père faisait bouillir beaucoup plus que ses 10 litres autorisés. Il avait sa propre chaudière dans la cave. Le contrôleur des « indirectes » venait enlever les plombages pour faire son quota. Quand celui-ci était terminé, il revenait remettre le plombage. Mais, volontairement ou non, il oublie la pince et le nécessaire pour plomber. Le père Durand bouillait alors chaque nuit pour vendre en fraude. Ma grand-mère maternelle avait pu acheter la ferme des PERRETTES grâce à la vente d’eau de vie.

Dans la Mayenne, il y avait une solidarité entre les paysans lorsqu’un fraudeur ou qu’un des leurs se faisait prendre.

Un jour, lors d’un contrôle par un inspecteur féminin, il y eut un attroupement spontané, elle fut malmenée, déshabillée. C’est le maire de FOUGEROLLES qui la délivra. Tout s’arrêta, on n’entendit plus parler d’elle. R. L.  devint conseiller général et député par la suite.

Les paysans n’étaient pas riches, ils étaient à la limite de la pauvreté. Du moins en trésorerie. Donc, chacun s’accordait à penser légitimement que de gagner quelques sous avec le fruit de leur exploitation et de leur travail n’était pas un mal en soi et faisait de tord à personne. Il ne s’agissait en fait que de ne pas payer les droits prohibitifs et vendre son produit hors taxes. Bien entendu, quelques uns ont fait fortune, mais, ceux-ci sont l’exception.

 

Au début de mon activité d’assureur, je suivais une règle en usage dans la profession, ce qui m’évitait de faire une comptabilité. Nous nous sommes bien vite aperçus que nous ne disposions pas des revenus forfaitaires que nous déclarions. Il s’agissait d’appliquer un forfait de frais. Je faisais trop de déplacements. Trou de caisse… et reprise en main des comptes par Christiane. Je faisais, ensuite une déclaration réelle sans comptable. L’administration fiscale tient compte d’une fraude supposée permanente des commerçants et professions libérales. A nous de nous en accommoder et, de ruser quand c’est possible.

 

Nous avons eu plusieurs contrôles fiscaux; sans redressement, jamais..

 

 

 

Par Tacanitas - Publié dans : recueil de souvenirs et de réflexions - Communauté : Le monde paysan
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Je parcours aujourd'hui, seulement aujourd'hui, pourquoi aujourd'hui? nul ne le sait. L'histoire retiendra que c'est cette semaine que je pris la décision d'entamer ma mise en disponibilité. Pourquoi cette semaine et aujourdhui ? allez savoir!!
Oui, ce jour de destruction et du séchoir et du silo, j'ai eu peur, très peur...pour mon grand-père. Il était quelques instants auparavant sous le séchoir à ramasser les résidus pour les poules, et quand tout est tombé, c'était au moment oû la vis chargeait le camion de mais et j'était à côté du chauffeur. Je lui dis presque nonchalament que le mur se rapproche !!! et je comprend en une fraction de seconde que tout s'écroule, le séchoir a arrêté le mur de notre côté mais c'était une catastrophe. Quelques secondes et mais le grand-père, s'il était dessous il était visible immédiatement qu'avec les moyens dont nous disposions que l'on y arriverait pas à le sortir.On le voyait pas, les secondes ont été longues à ce moment, quand tout à cout, on l'entend : il était dans la voiture en train de se reposer au hangar, il sort péniblement car il avait du mal à marcher t arrive on était soulagé. Mais restait Patrick, un ouvrier on le voyait pas non plus, et quelques instants auparavant il était sur une échelle en train de fixer un croisillon sur le mur. Piètre protection, mais il était redescendu chercher un outil qui lui manquait: l'instant qu'il fallait. La catastrophe aurait pû être ce jour une tragédie. On a ensuite séparé le mais des gravats pendant plusieurs jours, il faisait froid, très froid...mais il aurait tellement pû faire plus froid!
Quand au séchoir qui a brûlé: je pars avec mon oncle en dernier le soir: tout était parfait. Le matin à 7h00 donc: on arrive ...sur des cendres. Tonton, ton moral fût touché ce jour là....mais tu es reparti au combat...et tu l'as gagné.
Commentaire n°1 posté par Jean-Louis Durand le 27/03/2011 à 21h50

Jean Louis,

Merci de ce témoignage émouvant au plus haut point. Ce que je n'ai pas dis dans mon dernier article c'est l'inconscience, ou plus exactement une foi en soi et en son projet qui dépasse l'entendement. Non ce n'est pas "dépasse l'entendement" c'est quelque chose d'autre qui doit venir de nos parents, de leur exemple, eux qui ont affronté la guerre et ses désastres. C'est peut-être aussi une foi inconsciente qui fait que nos souhaits ou nos projets arrivent ...un jour ou l'autre. Ce qui est vrai c'est que je suis fier de ma famille. Il y a comme partout des éclopés malheureusement.

Réponse de Tacanitas le 28/03/2011 à 11h08

Présentation

Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Images Aléatoires

  • 10-12-2009 22-37-21 0354
  • le-8-Juillet-2005--Les-novillos-de-la-CHAQUE-A-002.jpg
  • 012.jpg
  • Dans-les-Landes-Ce-15-octobre-2009-004.jpg
  • -olienne-1.jpg
  • vue-du-chantier-14.jpg

Syndication

  • Flux RSS des articles

Recommander

Derniers Commentaires

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés