Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /2009 11:39

 

NOUS VOICI RENDUS A LA FIN DE L’ANNEE 64

Un client de mon patron me dit qu’un portefeuille d’assurance était en vente à Ambrières. Je prends contact avec le titulaire et rapidement l’inspecteur accepte ma candidature (Mr de VALOIS) Je suis nommé le 1er Janvier 65. Nous déménageons de COURSONNAIS pour venir Rue du 14 Juin.

Jean Michel a 2 ans et demi, Marie-Christine 8 mois, Valérie naîtra 15 mois plus tard.

Les mois et les années qui suivront seront difficiles mais riches.

Difficiles pour Christiane qui supportera malgré les grossesses, à la fois toutes les tâches de la maison, des enfants et l’assistance d’Angel avec un budget à la limite du raisonnable. Et nous ne manquions de rien. Christiane utilisait les légumes du jardin qu’elle cultivait avec adresse, faire des conserves, débiter un veau, un cochon, un mouton, et ainsi garnir le congélateur.

            En effet, il fallait cette intendance efficace pour mener à bien de mon côté:

* les charges des emprunts de la ferme

* l’acquisition du portefeuille d’assurance et son développement. En rentrant parfois très tard de mes tournées de clientèle. J’étais attendu quelle que soit l’heure pour souper ensemble. Mon premier bureau était situé sur la place de la mairie à Ambrières. Thérèse B m’aide le samedi jusqu’à l’arrivée de Michèle. Sa mère me la présente en me disant « - elle vient d’obtenir son diplôme de sténodactylo, je vous en prie c’est une fille courageuse. Prenez-là à l’essai, on n’est pas à une tartine près. »

*  les charges de la construction de la maison de la Rue des Lauriers en 67. Nous changeons de maison le 1er Novembre 67. Les jumeaux naissent le 30. Le bureau se trouve au rez de chaussée. Michèle Gendron occupe les lieux. Yves L  fait son apprentissage alors. Des producteurs sont  à l’essai sans résutats probants.

* la construction de mes mains de la maison de Coursonnais. J’avais un radio téléphone dans ma voiture ce qui permettait à toutes les deux d’appeler en cas de besoin.

* assumer la gestion des dossiers d’une clientèle qui occupaient un tiroir fin 64 (environ 60 centimètres) et qui en occupent 8 en 72 (environ 4m80). Sans parler des dossiers sinistres.

Jusqu’en cette année 72, je gagnais tous les concours de production en assurances VIE, ce qui se traduisait par des voyages en couple en HOLLANDE, sur le RHIN, et dans les Isle BALEARES. Plus un concours de production en assurances individuelles accident qui me rapporte 5 louis d’or.

Les comptes se déséquilibrent. Il me manquait plusieurs dizaines de milliers de francs lors d’une inspection comptable. L‘inspecteur nous donnent le temps de la nuit pour trouver l‘argent manquant. Ce qui eut lieu  grâce à Marie Thérèse T de BONNETABLE une amie de CHRISTIANE. Sinon adieu veaux vaches cochon couvées.

A compter de cet évènement, je lui confie la caisse et les comptes. Ce qui s’ajoutait aux autres tâches. En plus,  l’accueil des clients, la partie comptable compagnie et privée. Jamais depuis lors, il n’y eut une erreur dans les comptes. Mais pour faire face, il nous fallut changer de banque et solliciter une autorisation de découvert important. Celui-ci nous fut accordé par le CIO sans aucune garantie ni caution.

Ce sera la première demande de concours financier à court terme. Le début de l’application grandeur nature du principe appris au CA en 1960.

Jusqu’en 72, la ferme de Coursonnais était en marche avec l’aide d’un salarié Albert MADELIN.

 

1972.

En Janvier 72, celui-ci nous prévient qu’il prendra sa retraite au 31 décembre. Ceci allait tout bouleverser. Il fallait trouver un autre employé avec sa famille qui aurait coûté beaucoup plus cher, les salaires augmentaient plus vite que les revenus générés par la petite exploitation. Qu’à cela ne tienne, Je me mets en quête d’une exploitation plus grande dans le Sud Ouest pour la valeur  de celle que nous avions en Mayenne.

Mon raisonnement de départ était le suivant: si l’exploitation que je pourrais trouver était du double en superficie et double en revenu, je pourrais maintenir notre double activité. Christiane titulaire comme agricultrice et moi agent d’assurance sans perdre trop d’argent, ce qui aurait été le cas en gardant COURSONNAIS.

Résultat de nos recherches et du processus, nous vendons COURSONNAIS; maison, cheptel compris pour 29000 frs l’hectare et nous achetons une parcelle de forêt brûlée dans les Landes 2600frs/ha acte en main. Avec les 12ha 75, en plein rapport, nous achetons 118 has à défricher, calcinés, paysage lunaire. Quels combats en perspective!

En 1978 nous en sommes à 220 has par l’adjonction d’autres parcelles  en acquisition et en location. Combien de femmes se seraient enfuies en courant chez papa et maman face à une telle existence. Christiane avait maintenant 5 enfants depuis Novembre 67. Fatigue, migraines jamais comprises par le mari. Hélas.

 

 

LES LANDES

 

Dès notre premier périple dans le Sud Ouest, qui eut lieu vers le 10 Juin 1972, nous prenons position pour acheter. Une semaine entière pour visiter différentes exploitations dans le GERS, le LOT, le LOT ET GARONNE, le LAURAGAIS puis enfin dans les LANDES. Grand étonnement de voir sur ces terres arides du maïs aussi beau aussi poussant, des fermes neuves aussi bien entretenues et l’irrigation sur d’immenses parcelles plates à perte de vue.

« -il n’y a pas de mauvaises terre. Il n’y a que des mauvais cultivateurs » me disait un jour Louis V mon oncle. Il faut seulement s’adapter. Trouver la solution pour mettre en valeur.

Lorsque Mr SAUFRIGNON nous fait visiter la parcelle qu’il souhaitait vendre, c’était pas la joie débordante: une terre calcinée, pire, tout était noir du feu qui avait quelques mois auparavant ravagé le paysage. Alors, il nous dit « - je vous propose ce lot qui pourrait réunir environ 120has. Les terres à défricher valent 5000frs/ha c’est-ce prix qu’en demande le propriétaire. Mais, il y a une taxe de défrichement qu’il faut ajouter. Elle s’élève à 3000/ha car la commune a dépassé son quota de 25% par rapport à la forêt. »

Partant de l’idée de la taxe, il fallait ôter des 5000 demandés les 3000Frs de taxes. Et je me disais que cette taxe ne devrait pas s’appliquer sur cette parcelle vu la faible densité présente avant incendie. Pensant que l’intermédiaire allait croire à une plaisanterie, j’offre le plus sérieusement du monde 2000frs/ha en argumentant sur la taxe…Il me répond non moins sérieux « - je revois le propriétaire et je vous tiendrai au courant, laissez-moi vos coordonnées ».

Par Tacanitas - Publié dans : recueil de souvenirs et de réflexions - Communauté : Vie privée
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