LA VENTE DU PORTEFEUILLE
Est-ce que je la regrette ? La concurrence est cruelle, FX a choisi une voie, l’essentiel est de s’épanouir dans son métier.
Je ne suis pas nostalgique, et, je peux affirmer ici que j’ai fait un beau métier, que j’ai rendu beaucoup de services, appliquant au jour le jour la prière des SCOUTS que j’avais apprise dans ma jeunesse.
Je crois avoir été récompensé bien souvent sans l’attendre; car, les services rendus ou les bienfaits à autrui sont toujours payés de retour mais jamais par le même chemin, rarement par les bénéficiaires eux-mêmes.
Prenons un exemple extrême. Je viens en aide à un blessé sur la route, ne serait-ce qu’en appelant les pompiers ou le médecin. Le blessé ne me connaîtra jamais. Par contre, à l’intérieur de moi, une petite lumière se met à luire un peu plus fort, celle d’une fierté qui se lit sur le visage. Il y a un petit bonheur intérieur qui rend gai. Le bonheur est contagieux parce qu’on est plus enthousiaste, plus sûr de soi, plus convaincant.
Voilà pourquoi certains commerçants réussissent et d’autres échouent.
C’est peut-être pour cette raison que certains employeurs n’ont qu’à se louer du travail de leur personnel et réussissent de façon fulgurante.
Peut-être, à la fin, comme je n’étais plus responsable du Comité des Fêtes ou de l’Union des commerçants, ma petite lampe est-elle devenue invisible, si faible, que je faisais moins d'affaires ?
De ce point de vue, il y a un échec.
Quand on court après 2 lièvres en même temps, bien souvent les deux réussissent à nous échapper. Alors estimons-nous heureux de n’en avoir abandonné aucun jusqu’à la prise du relais qui, en fait, n’a pas eu lieu en ce qui concerne l’agence.
NOUS AVONS CONNU DES PROCES
* Le procès pour que CHRISTIANE soit reconnue exploitante en titre.
* Le procès de la taxe de défrichement N° 1
* Taxe de défrichement N° 2
* Le procès en prud’homme de Michel GUIBERT
* un procès contre WRIGT RAIN
* Prud’homme de Patrick Ducasse
* le procès de DUBOURG pour un droit de passage
* le procès LARROCHE.
1/ POUR COURSONNAIS
Ou bien on achetait, ou bien il fallait partir. Il est étonnant qu’à l’époque du décès de Mme LAIZE la propriétaire, il ne nous soit pas venu à l’idée de devoir partir. Pourtant, si Marçais et Moulière n’avaient pas été favorables au déroulement qui a suivi, « c’est-ce qui nous pendait au nez » !
Il fut convenu, grâce aux payes de lait qui étaient à notre nom de faire un procès arrangé. L’expert alla même jusqu’à produire une enveloppe avec un cachet de la poste datant de plusieurs années en arrière. Cette enveloppe était censée contenir une lettre par laquelle Mme Laizé reconnaissait Christiane comme métayère.
À l’audience, quand le juge demanda à la défense ce qu’il avait à dire, celui-ci répondit qu’il s’’en tiendrait à la décision du tribunal.
Beaucoup plus tard Me LECONTE, représentant la partie adverse dans le procès, celui qui avait prononcé cette phrase, passe à l’agence et dit à Christiane qu’il n’a jamais été aussi heureux que ce jour là…
Avant notre mariage, 4 ans auparavant, il avait été nécessaire de passer par le tribunal pour l’adoption de Christiane par Angèle. Ces deux jugements étaient utiles pour l’achat de COURSONNAIS.
A chaque fois, nous avons été guidés par mon patron de l’époque Mr MARET.
2/ LE PROCES CONTRE LA TAXE DE DEFRICHEMENT
Contre la taxe de défrichement, on a lu plus haut le prix payé pour le terrain des Landes. Évidemment le fisc a réclamé la taxe de 3000Fr /ha sur 70 hectares.
Depuis le début du défrichement, je m’étais un peu renseigné et j’avais obtenu du maire Mr ETCHEBES un certificat par lequel il confirmait que la zone était régulièrement brûlée par la foudre ou les étincelles des trains. J’avais fait établir un état des quantités de bois vendues après l’incendie.
Nous avons eu la chance que Me CUVREAU nous ait été conseillé par un restaurateur de Mayenne, originaire des Landes, comme étant le meilleur avocat de MONT DE MARSAN.
Ce procès dura plusieurs années et pendant ces années, le fisc nous retenait nos crédits de TVA.
Il paraît que ce fut le seul procès perdu par l’Etat à l’époque!
En 77 le fisc nous rend le crédit TVA. Nous étions exonérés de la taxe de défrichement faute de peuplement suffisant.
3/ LE SECOND PROCES CONTRE LA TAXE DE DEFRICHEMENT
Pour la parcelle D (que D nous avait vendue), je ne fais aucune déclaration ni demande de défrichement. Au cours d’une période de vacances (Pâques peut-être), Jean- Mi, Régis et François Xavier commencent à dessoucher. Vient à passer un garde forestier ou un inspecteur de la DDA qui constate le début des travaux, dresse un PV et, nous recevons une « facture » sur la base de 15.000Fr/Ha, soit pour 13 hectares = 195000Frs !!!
Je vais revoir Me Cuvreau qui nous dit: « Votre affaire n’est pas défendable, vous n’avez qu’à payer ». C’était clair.
Pourtant je prends contact avec un ami expert comptable, ancien inspecteur des finances, qui accepte, sans faire de promesse, d’essayer de nous aider. Il connaissait les ficelles des procès administratifs.
Le jugement fut perdu en première instance, mais gagné en appel !
Pour vice de procédure!
Il ne faut jamais s’avouer vaincu.
4/ Michel G
Je l’avais congédié pour incompétence, je ne me souviens plus sous quelle forme. Il nous appelle au prud’homme, et nous avons payé tout de suite ce qu’il nous demandait.
5/ P D
Les tribunaux ne rendent pas toujours le verdict conforme à la réalité de la situation.
Ce fut notre plus douloureux dossier, car totalement injuste : résultat de la puissance des syndicats et du mensonge.
* Commission paritaire,
* malgré l’intervention d’un cabinet d’investigations et une expertise.
* jugement
* appel
* cassation
Cause perdue basée sur des éléments invraisemblables concernant des heures supplémentaires sur 5 années en arrière. Il a été considéré comme vrai le fait que D ait déclaré avoir travaillé de 6h à 23h, 7 jours sur 7 de Mars à Octobre durant 5 années en arrière… Condamnation, hors tous honoraires : 350.000 frs.
De notre côté, malgré une contre expertise, rien n’y a fait. Seule l’influence des représentants syndicaux en majorité emporte la décision d’un tribunal paritaire.
Conclusion : mettez-vous dans la légalité stricte ou passez-vous de main d’œuvre. Ce jugement fait la preuve de la partialité des juges. Mais, il faut rester serein, il y a toujours pire. C’est une forme de banditisme sous couvert de lutte des classes. J’ai toujours cru être dans le cadre de la loi, souvent en l’interprétant en faveur de l’ouvrier. Nous n’avons rien à nous reprocher.
Ce fut très difficile de payer cette condamnation. A ce moment-là, nous étions sur la « corde raide ».
Je pense quand même avoir eu la chance...
Autre réflexion, dans cette affaire, le plus à plaindre n’était pas celui qu’on pense… En effet D. s’est vu octroyer de l’argent mal acquis qui ne lui a pas porté chance. De ce point de vue, les syndicats (CGT ou autres) ne servent que leur boutique. Un ouvrier, s’il sait qu’il va obtenir de l’argent facile, dans certains cas perd son honneur d’homme.
EPICTETE disait qu’on ne peut avoir de personnel sans accepter d’être volé…
6/ D... de Lugos
Il voulait nous imposer un droit de passage par notre entrée pour se rendre dans son champ. C’était un passage très ancien, du temps où il y avait des animaux dans le bourg qui se rendaient dans les pâturages.
Là aussi, jugement défavorable, appel défavorable. Quand nous avons porté la cause en cassation, D. est venu proposer un arrangement. C’est ainsi que François Xavier a pu bénéficier du terrain pour y construire sa maison.
7/ LARROCHE
Suite à un dépôt de bilan et la liquidation de l’entreprise, nous avons réclamé, sans succès, des bennes de haricots.
8/ WRIGT RAIN
En 76, cette entreprise nous vend deux enrouleurs et devait nous livrer des tuyaux mais avec retard. Nous ne voulons pas payer compte tenu de ce retard. La Société nous assigne et je contre attaque..
Nous avons gagné un préjudice sur récolte assez important. Comme quoi, je disais avec raison que G. n’avait pas fait son travail à temps ! Ici, nous ne pouvions pas payer, vu notre faible récolte. Et nous avons gagné ce procès que nous n’aurions peut-être pas dû gagner.
J’ai eu d’autre petits procès comme une facture oubliée concernant une livraison de fuel. J’ai plaidé de bonne foi n’avoir pas trace de cette livraison. Par la suite j’ai retrouvé le bon de livraison. J’avais gagné le procès…
Il ne faut pas désespérer pour un jugement qui nous est infligé alors que nous savons avoir raison. C’est le système qui veut cela. Les avocats sont autorisés à mentir et plaider sur de faux témoignages. Il ne faut pas en faire « un fromage ». - « plaie d’argent ne dure pas ».
Derniers Commentaires