Partager l'article ! Question de GUILHEM (suite): De GUILHEM 270909 Salut papi, > > Que penses-tu du capitalisme. Quel est son avenir.? &g ...
De GUILHEM 270909
Salut papi,
>
> Que penses-tu du capitalisme. Quel est son avenir.?
> Crois-tu qu'on est en train de changer de modèle économique.?
> Que dis-tu sur le comportement humains.
> Peut-tu me raconter comment l'argentine a connu l'hyperinflation (comment elle est venue et ses conséquences).
> Que penses-tu de l'idéologie de Keynes.?
: d'autres petites questions
pour l'inflation en Argentine les années 2001-2002 durant l'hyperinflation
pour le capitalisme hier , aujourd'hui et demain si tu penses qu'il survivra à la crise
pour les comportements humains :l'expensation de la pollution et comment on en est rendus au capitalisme fou
pour les théories je les connais trés trés peu voire pas du tout pour etre franc donc je te laisse des sources qui proviennent d'internet
va sur ce site puis va dans la rubrique "cours" puis les "théories" il y aura celle de Keynes et de Marx http://psteger.free.fr/pensee-economique.php
puis vas sur ces sites là http://www.e-economie.com/courants.php . http://www.kezeco.fr/-Grands-courants-de-pensee-
REPONSE indirecte de papi sur le comportement humain, le capitalisme. Merci Guilhem de toutes ces questions.
Pour la crise d’Argentine fin 2001. Le dessous des cartes, je ne les connais pas. En vivant sur place les mois et les années qui précédaient, je crois pouvoir dire que là aussi le MANQUE DE
CONFIANCE dans la classe dirigeante a jouer un rôle déterminent. Menem avait été battu. Le président MENEM était du parti JUSTICIALISTE (peronisme) mais tendance libérale, bien que venant du
syndicalisme comme LULA. Il était pragmatique. Il avait 10 ans auparavant divisé la valeur de la monnaie par 1000. La monnaie s’appelait « l’austral ». Il est revenu au pesos d’une
valeur DOLLARS Un pour Un. Si les Argentins avaient eu du courage, s’ils avaient été inventifs et s’ils avaient eu confiance, l’Argentine sortait du marasme dans lequel elle se complait depuis 50
ans. La corruption, l’évasion fiscale, l’évasion des capitaux. C’était facile puisqu’on pouvait échanger un peso pour un dollar et emporter son magot à New York ou en Suisse. Au changement de
président ce fut l’évasion des capitaux. Les impôts ne rentraient pas. Les caisses étaient si vides que l’Etat comme les Provinces n’avaient plus de quoi payer les fonctionnaires. Au moment du
KRACH, on était fin décembre 2001. Les banques sont restées fermées 15 jours. Tous les comptes gelés. Les gros/moyens comptes sont restés gelés jusqu'à il y a peu. sauf sous certaines conditions
spéciales. Au sortir de cette quinzaine, dévaluation de 300% du pesos. Pendant les 15 jours, il parait que des camions emportaient le contenu de coffres des certaines banques de BUENOS AIRES. On
nous donnait le montant qui manquait, c’était l’équivalent de l’argent parti du pays. Kirshner était alors gouverneur de sa province, laquelle province avait envoyé tout son « trésor »
en Suisse. On a alors fabriqué des billets de monnaie provisoire. En Santiago Del Estero, la monnaie s’appelait LECOP, dans d’autres provinces QUEBRACHO ! La province payait ses
fonctionnaires avec. Lesquels achetaient leurs courses chez le boulanger, l’épicier, le boucher Etc. Les bouchers nous achetaient les animaux avec cet argent et ça roulait.
Que faut-il comprendre de ces opérations. Que l’Etat dans une telle situation n’a pas le choix. Au lieu de faire payer des impôts visibles, il dévalue la monnaie, donc les gens perdaient d’un seul coup tout leur argent puisqu’elle était divisée par 300 vis-à-vis du dollar. Pour faire rentrer des devises rapidement, l’Etat invente « les rétentions sur les exportations de produits agricoles ». Ça permet à un pays de valoriser les produits internes dont les produits agricoles, s’il y en avait eu également les produits manufacturés. De sorte qu’il devenait très facile d’exporter et très difficile d’importer. La main d’œuvre, elle n’a pas augmenté de suite. En effet il a fallu 6 ans par l’inflation intérieure, pour voir les salaires rattraper leur « parité » d’avant. Ce qui aurait du permettre au pays de se redresser vraiment. Les rétentions étaient justifiées car, les cotations des céréales se faisant à CHICAGO, donc en DOLLARS, il y avait une opportunité provisoire à saisir. Il eu fallu diminuer ces rétentions progressivement au fur et à mesure des augmentations du prix de la main d’œuvre par un approche du plein emploi, ce qui ne nécessitait plus de servir de RMI aux inoccupés. Au contraire, les présidents qui ont suivi ont versé de plus en plus de subsides à ceux qui ne cherchaient pas de travail…donc vidant les caisses au fur et à mesure qu’elles se remplissaient par les rétentions d’abord, puis par les impôts de toutes sortes qui sont apparus ensuite. Le nombre de fonctionnaires et de policiers s’est accru à la vitesse grand V. On dit que les chômeurs qui aident les candidats chanceux aux élections prétendent tous à une place de fonctionnaire.
Je ne te parle pas de la corruption. En Argentine c’est une institution. Tous les jours dans CLARIN on dénonce des dérives. Ce matin c’était le secrétaire de la présidente qui est montré du doigt parce qu’il construit à CAFALLATE (endroit très touristique au Sud) une maison d’un million de dollars.
Guilhem
J’ai retrouvé un bouquin de François de Closet sorti en Mai 1990 « LA GRANDE MANIP » dans celui-ci, De Closet écrit à la fin du livre : "Nous ne savons pas, et pour cause, comment se guérissent les plaies du communisme, mais ce que nous avons appris d’autres traumatismes incite au pessimisme.
Un pays comme l’Argentine, qui, au milieu du siècle (dernier), semblait destiné par l’histoire autant que par la géographie à suivre le modèle du Canada ou de la Nouvelle Zélande, n’a-t-il pas été frappé à mort par les excès de la démagogie, de l’incurie et de la corruption ? Le plus dramatique dans un tel naufrage, ce qui rend le sauvetage aussi hypothétique, n’est pas l’état du navire, mais celui de l’équipage. Un peuple qui, d’Evita Peron à Carlos Menem, fut à ce point trompé peut-il encore se ressaisir ? Il doit bien arriver un stade où l’abus de confiance tue la confiance, où les contrevérités tuent la vérité, où la malhonnêteté tue l’honnêteté, un moment où, on a si bien joué avec la conscience collective, qu’elle est devenue si sourde, aveugle et muette. Irrémédiablement. Souhaitons que la nature humaine soit toujours plus forte que la duplicité des hommes, mais, je n’en suis pas assuré. »
CASA ROSADA. Maison de la présidence d'Argentine.
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