recueil de souvenirs et de réflexions

Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 20:29

Livraison d’une « jaula »

LeIMGP0089 « comisionista » est passé il y a 3 jours voir la nature et l’état des animaux destinés à l’abattoir.  Le prix fut débattu entre Régis et ce dernier qu’on nommera «  Oswaldo». Non seulement il y a le prix au kilo vif, mais aussi est débattu fermement le « debaste » soit : un abattement sur le brut de l’animal. Celui-ci est différent selon qu’il s’agit d’un bœuf ou d’une vache grasse. Il est aussi différent selon l’heure d’enfermement dans le corral desdits animaux.

Juste avant l'embarquement les animaux sont marqués avec la marque du campo.

Oswaldo est un habitué du campo. Nous l’avons choisi pour son honnêteté et son intégrité depuis des années déjà.  Combien parmi ces maquignons font de victimes de promesses non tenues ? Les meilleurs sont connus et peu nombreux. Il faut, en effet, être payé comptant « au cul du camion »…en liquide.Autour Noël 2009 Janvier 2010 0062
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Donc le prix désiré et le prix possible est décidé entre ces deux personnages. Maintenant, il faut le plein accord de l’acheteur final, c'est-à-dire l’abattoir qui se dit ici « el frigorifico ». Ce coup de téléphone entre le « comisionista » et l’  « acheteur final » aura lieu un soir tard. Et « Oswaldo » rappelle alors Régis ce même soir pour dire le « OK » et les dates et conditions de livraison.IMGP0093


Oswaldo est payé 2% du prix global d’un côté par le vendeur et 2% par l’acheteur. C’est une coutume bien encrée. Il a donc intérêt à bien servir les deux parties pour se faire une réputation et par tant sa « fortune » !.

Ces comisionistas ont tous une très belle maison… et leur 4X4 toujours comme neufs. Tous possèdent en même temps un grand campo.

Il est convenu que le chargement se fera ce matin à 7h . Oswaldo et le camion sont toujours  là à l’heure juste. Il s’agit maintenant pour Walter de choisir les animaux les plus gras. Il y aura 3 taureaux réformés, 7 « novillos » et 26 vaches grasses de réforme également. Il faut les péons pour séparer plusieurs fois chaque sujet. Les faire passer dans la « manga » ou couloir de contention. Ecarter les maigres, ils feront partie d’une livraison plus tard. Le camion ensuite s’en va au village pour peser à une bascule publique de la FERIA (La RURAL de BANDERA) Là, de nouveau il faut séparer les catégories et faire autant de pesées. Recharger le camion dans un ordre précis.
Maintenant les formalités : 1)  Un document appelé DTA de SENASA avec des sortes de bracelets pour « plomber la jaula ». Ce document (et ces bracelets) payant est établi compte tenu du stock existant déclaré au moment de la vaccination de l’aphteuse. En effet le fonctionnaire « vacunador » de l’organisme sanitaire officiel est seul habilité pour compter et enregistrer les différentes catégories d’animaux du campo.

2) Retirer une « guia » ou droit de transport lui aussi payant au profit de la province qui, en contre partie entretient les routes (théoriquement ) certains trous imprévisibles restent souvent sans intervention des années durant…

3) Troisième formalités : prévenir la police pour qu’elle vienne contrôler la conformité du convoi ; voir l’adéquation entre les papiers et la réalité du chargement, et apposer le tampon...

Autour Noël 2009 Janvier 2010 0038

Le camion va pouvoir partir. Maintenant Oswaldo entre temps a réceptionné « la brique » : le paquet d’argent très compact et très fermé apporté par le chauffeur. Il s’en va chez lui, compte la liasse de billets, fait les comptes, fera la facture, prend ce qu’il faut pour payer Régis(aujourd'hui ce sera moi) et se payer lui-même et va rendre le reste au chauffeur toujours aussi emmailloté avec du papier journal et beaucoup de scotch. Ensuite, je suis là avec lui à compter et recompter l’argent; en espèces, toujours. C’est ainsi.

Aujourd’hui où les prix sont doublés par rapport à il y a quelques semaines seulement, ça fait pas mal d’argent. Mieux vaut que ça ne se sache pas. Quant à la méthode : « le chauffeur transporteur de fonds »: jamais de disparition, jamais d’attentat. Pourtant à y réfléchir, le chauffeur ou une bande qui disparaîtrait avec une seule paie pourrait vivre quelques temps sans trop de souci ! si ce n’est se faire prendre…

Opération terminée. Enfin, dépôt à la banque quand même. Et retour à la casa.

 

Par Tacanitas - Publié dans : recueil de souvenirs et de réflexions - Communauté : entre deux mondes
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 11:17

Un déménagement !...

Après un séjour d’une année à WESBURG avec notre troupeau, il faut plier bagages. Le bétail est déjà de retour. Maintenant, il faut faire place nette, rapatrier mobilier et matériel.

Régis me charge de l’opération pour hier. La veille, je prévois partir « à la madrugada » c'est-à-dire vers 5h pour être sur place à 8 et procéder au démontage et chargement avant les grosses chaleurs de l’après midi. De sorte que nous soyons en voiture climatisée au plus chaud de la journée et rentrés avant la nuit. La remorque n’étant pas équipée en éclairage.

Contre temps par l’orage de la nuit. Tonnerre à partir de 10h jusqu’à 4h du matin, Température très élevée, coupure de courant, donc plus de clim ni ventilateurs. Nous baignons dans la sueur sur nos lits. Je sors pour m’installer sous l’auvent dans un fauteuil. Le matin plus question de partir, les chemins par temps de pluie sont impraticables surtout avec un 2 roues motrices.

Nous attendons de pouvoir appeler pour connaître le temps qu’il fait sur place. Beau temps. Donc, je pars à 9h avec mes peons. Arrivés vers midi, je ne prends rien pour déjeuner car, les nuages arrivent et s’épaississent. Grosses menaces…Nous déjeunerons quand nous serons sortis de la poussière, j’allais dire de « la merde » qui se présentait devant nous.

Le groupe Lister

Au lieu de démonter le groupe pour le charger sur la camionnette et charger une remorque dans la seconde pour être en conformité avec un palan attaché à une branche d’arbre,  Je décide de mettre les remorques l’une derrière l’autre, vérifier les pressions des pneus, charger ce qu’il y a à charger et partir. 2 pneus sont lisses sur la remorque du groupe LISTER qui pèse son poids. Tant pis, si nous ne partons pas, nous coucherons dans la camionnette. Pas de temps à perdre. Sur le chemin de terre, il faut tenir compte des trous, des ornières et du matelas de poussière que nous levons à notre passage obscurcissant la visibilité à ceux qui nous suivraient comme à ceux qui nous croisent. Donc selon les endroits, je roule de 10 à 20klm/heure. 3 bonnes heures pour parcourir les 65 kilomètres. Les nuages sont devenus noirs d’encre. Juste devant nous, nous voyons qu’il pleut… Ouf, nous sommes sortis de ce bourbier que le déluge s’abat sur nous, un enfer de vent et de pluie tropicale nous contraignant à nous arrêter. La route n’est plus visible, c’est un rio.  Nous prenons un casse croûte dans un « comedor » du village. La pluie peut tomber. Sur le goudron plus de soucis sauf pour les pneus. Alors je roule à 60/ à l’heure pas d’avantage. Quand Régis nous voit arriver, au lieu de me dire merci, : « ça te plaît toujours autant de prendre des risques et de te faire monter l’adrénaline ? ». Mais les pneus ont tenu, nous étions contents, la chance ou le miracle a eu lieu. Hélas je n’ai pas de photos de mon attelage. En France nous n’aurions pas fait 5 kilomètres.
Malgré des os et des artères de 72 ans, après des émotions comme celles-là, le soir venu on dort comme un bébé…

Par Tacanitas - Publié dans : recueil de souvenirs et de réflexions - Communauté : entre deux mondes
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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 22:36

Des températures à 53° de sensation thermique à l’ombre. Il fait bon rouler avec la clim, rester à la maison « avec la clim », se mettre dans la piscine et boire beaucoup.

Autour Noël 2009 Janvier 2010 0036

Mais mercredi dernier , j’ai accompagné 2 péons (pendant que Régis allait au devant de son épouse arrivant de France) au campo situé à 200 kilomètres dont 65 en chemin de terre comme il en existe beaucoup. Partis  à 4heures.  Ce campo ayant sauvé l’essentiel du troupeau de Régis pendant les deux années de sécheresse. Pour charger les 3 dernieres bétaillères (jaulas) et les rapatrier. Nous chargeons les deux premiers camions le matin juste pour midi. J' accompagne les camions pour récupérer les papiers (droits de circuler) retour vers 13h30. Où un excellent asado préparé par les muchachos m’attendais. Nous pensions avoir droit à une bonne petite sieste. Mais la chaleur était déjà si élevée qu’il fut impossible pour moi comme pour les ouvriers de fermer l’œil. 4 animaux s’étaient échappés du corral. Les « gauchos » sont partis à leur recherche dans une parcelle de 300 hectares.

Autour Noël 2009 Janvier 2010 0030

Evidemment c’est toujours les plus sauvages qui passent par-dessus les clôtures des enclos. Avec mes jumelles une grosse serviette de bain trempée sur le dos pour me rafraîchir, je regardais les va-et-vient des peons. Ils ont fait des kilomètres sous ce soleil incroyable, ils ont attrapé au lasso chacune des bêtes une à une pour les obliger( les traîner parfois) à revenir au corral. Je leur portais une bouteille d’eau après chaque capture, et les chevaux buvaient à l’abreuvoir pour se refaire. Inimaginable, héroïque pour des Européens.

 

Nous chargions l_0023--2-.jpge dernier camion à la nuit.

Au retour, j’ai pensé qu’ils avaient mérité « le restaurant » avec « cerveza » et « coca » à volonté. Il fallait perdre un peu de tempsaussi pour aider à décharger les petits veaux récemment nés. Les gros bovins descendent à pied par le « cargador » dans le corral de la ferme à TACANITAS. Journée bien remplie.  Beaucoup cherchent vainement le soleil, ici, il est garanti dans le forfait…

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Dimanche 17 janvier 2010 7 17 /01 /2010 12:34

 

LA VENTE DU PORTEFEUILLE

 

Est-ce que je la regrette ?  La concurrence est cruelle, FX a choisi une voie, l’essentiel est de s’épanouir dans son métier.

 

Je ne suis pas nostalgique, et, je peux affirmer ici que j’ai fait un beau métier, que j’ai rendu beaucoup de services, appliquant au jour le jour la prière des SCOUTS  que j’avais apprise dans ma jeunesse.

 

Je crois avoir été récompensé bien souvent sans l’attendre; car, les services rendus ou les bienfaits à autrui sont toujours payés de retour mais jamais par le même chemin, rarement par les bénéficiaires eux-mêmes.

 

Prenons un exemple extrême. Je viens en aide à un blessé sur la route, ne serait-ce qu’en appelant les pompiers ou le médecin. Le blessé ne me connaîtra jamais. Par contre, à l’intérieur de moi, une petite lumière se met à luire un peu plus fort, celle d’une fierté qui se lit sur le visage. Il y a un petit bonheur intérieur qui rend gai. Le bonheur est contagieux parce qu’on est plus enthousiaste, plus sûr de soi, plus convaincant.

 

Voilà pourquoi certains commerçants réussissent et d’autres échouent.

C’est peut-être pour cette raison que certains employeurs n’ont qu’à se louer du travail de leur personnel et réussissent de façon fulgurante.

 

 

Peut-être, à la fin, comme je n’étais plus responsable du Comité des Fêtes ou de l’Union des commerçants, ma petite  lampe est-elle devenue invisible, si faible, que je faisais moins d'affaires ?

 

De ce point de vue, il y a un échec.

 

 

Quand on court après 2 lièvres en même temps, bien souvent les deux réussissent à nous échapper. Alors estimons-nous heureux de n’en avoir abandonné aucun jusqu’à la prise du relais qui, en fait, n’a pas eu lieu en ce qui concerne l’agence.

 

NOUS AVONS CONNU DES PROCES

 

 

 

*  Le procès pour que CHRISTIANE soit reconnue exploitante en titre.

*  Le procès de la taxe de défrichement N° 1

*  Taxe de défrichement N° 2

*  Le procès en prud’homme  de Michel GUIBERT

*  un procès contre WRIGT RAIN

*  Prud’homme de Patrick Ducasse

*  le procès de DUBOURG pour un droit de passage

*  le procès LARROCHE.

 

 

1/ POUR COURSONNAIS

 

Ou bien on achetait, ou bien il fallait partir. Il est étonnant qu’à l’époque du décès de Mme LAIZE la propriétaire, il ne nous soit pas venu à l’idée de devoir partir. Pourtant, si Marçais et Moulière n’avaient pas été favorables au déroulement qui a suivi, « c’est-ce qui nous pendait au nez » !

 

Il fut convenu, grâce aux payes de lait qui étaient à notre nom de faire un procès arrangé. L’expert alla même jusqu’à produire  une enveloppe avec un cachet de la poste datant de plusieurs années en arrière. Cette enveloppe était censée contenir une lettre par laquelle Mme Laizé reconnaissait Christiane comme métayère.

À l’audience, quand le juge demanda à la défense ce qu’il avait à dire, celui-ci répondit qu’il s’’en tiendrait à la décision du tribunal.

Beaucoup plus tard Me LECONTE,  représentant la partie adverse dans le procès, celui qui avait prononcé cette phrase, passe à l’agence et dit à Christiane qu’il n’a jamais été aussi heureux que ce jour là…

 

Avant notre mariage, 4 ans auparavant, il avait été nécessaire de passer par le tribunal pour l’adoption de Christiane par Angèle. Ces deux jugements étaient utiles pour l’achat de COURSONNAIS.

 

A chaque fois, nous avons été guidés par mon patron de l’époque Mr MARET.

 

 

2/ LE PROCES CONTRE LA TAXE DE DEFRICHEMENT

 

Contre la taxe de défrichement, on a lu plus haut le prix payé pour le terrain des Landes. Évidemment le fisc a réclamé la taxe de 3000Fr /ha sur 70 hectares.

Depuis le début du défrichement, je m’étais un peu renseigné et j’avais obtenu du maire Mr ETCHEBES un certificat par lequel il confirmait que la zone était régulièrement brûlée par la foudre ou les étincelles des trains. J’avais fait établir un état des quantités de bois vendues après l’incendie.

Nous avons eu la chance que Me CUVREAU nous ait été conseillé par un restaurateur de Mayenne, originaire des Landes, comme étant le meilleur avocat de MONT DE MARSAN.

Ce procès dura plusieurs années et pendant ces années, le fisc nous retenait nos crédits de TVA.

Il paraît que ce fut le seul procès perdu par l’Etat à l’époque!

En 77 le fisc nous rend le crédit TVA. Nous étions exonérés de la taxe de défrichement faute de peuplement suffisant.

 

 

3/  LE SECOND PROCES CONTRE LA TAXE DE DEFRICHEMENT

 

Pour la parcelle D (que D nous avait vendue), je ne fais aucune déclaration ni demande de défrichement. Au cours d’une période de vacances (Pâques peut-être), Jean- Mi, Régis et François Xavier commencent à dessoucher. Vient à passer un garde forestier ou un inspecteur de la DDA qui constate le début des travaux, dresse un PV et, nous recevons une « facture » sur la base de 15.000Fr/Ha, soit pour 13 hectares = 195000Frs !!!

 

Je vais revoir Me Cuvreau qui nous dit: « Votre affaire n’est pas défendable, vous n’avez qu’à payer ». C’était clair.

 

Pourtant je prends contact avec un ami expert comptable, ancien inspecteur des finances, qui accepte, sans faire de promesse, d’essayer de nous aider. Il connaissait les ficelles des procès administratifs.

Le jugement fut perdu en première instance, mais gagné en appel !

Pour vice de procédure!

Il ne faut jamais s’avouer vaincu.

 

 

4/ Michel G

 

Je l’avais congédié pour incompétence, je ne me souviens plus sous quelle forme. Il nous appelle au prud’homme, et nous avons payé tout de suite ce qu’il nous demandait.

 

 

5/ P D

 

Les tribunaux ne rendent pas toujours le verdict conforme à la réalité de la situation.

Ce fut notre plus douloureux dossier, car totalement injuste : résultat de la puissance des syndicats et du mensonge.

*  Commission paritaire,

*  malgré l’intervention d’un cabinet d’investigations et une expertise.

*  jugement

*  appel

*  cassation

Cause perdue basée sur des éléments invraisemblables concernant des heures supplémentaires sur 5 années en arrière. Il a été considéré comme vrai le fait que D ait déclaré avoir travaillé de 6h à 23h, 7 jours sur 7 de Mars à Octobre durant 5 années en arrière… Condamnation, hors tous honoraires : 350.000 frs.

De notre côté, malgré une contre expertise, rien n’y a fait. Seule l’influence des représentants syndicaux en majorité emporte la décision d’un tribunal paritaire.

Conclusion : mettez-vous dans la légalité stricte ou passez-vous de main d’œuvre. Ce jugement fait la preuve de la partialité des juges. Mais, il faut rester serein, il y a toujours pire. C’est une forme de banditisme sous couvert de lutte des classes. J’ai toujours cru être dans le cadre de la loi, souvent en l’interprétant en faveur de l’ouvrier. Nous n’avons rien à nous reprocher.

Ce fut très difficile de payer cette condamnation. A ce moment-là, nous étions sur la « corde raide ».

 Je pense quand même avoir eu la chance...

 

Autre réflexion, dans cette affaire, le plus à plaindre n’était pas celui qu’on pense… En effet D. s’est vu octroyer de l’argent mal acquis qui ne lui a pas porté chance. De ce point de vue, les syndicats (CGT ou autres) ne servent que leur boutique. Un ouvrier, s’il sait qu’il va obtenir de l’argent facile,  dans certains cas perd son honneur d’homme.

 

 EPICTETE disait qu’on ne peut avoir de personnel sans accepter d’être volé…

 

6/ D... de Lugos

 

Il voulait nous imposer un droit de passage par notre entrée pour se rendre dans son champ. C’était un passage très ancien, du temps où il y avait des animaux dans le bourg qui se rendaient dans les pâturages.

Là aussi, jugement défavorable, appel défavorable. Quand nous avons porté la cause en cassation, D. est venu proposer un arrangement. C’est ainsi que François Xavier a pu bénéficier du terrain pour y construire sa maison.

 

7/ LARROCHE

 

Suite à un dépôt de bilan et la liquidation de l’entreprise, nous avons réclamé, sans succès, des bennes de haricots.

 

8/ WRIGT RAIN

 

En 76, cette entreprise nous vend deux enrouleurs et devait nous livrer des tuyaux mais avec retard. Nous ne voulons pas payer compte tenu de ce retard. La Société nous assigne et je contre attaque..

Nous avons gagné un préjudice sur récolte assez important. Comme quoi, je disais avec raison que G. n’avait pas fait son travail à temps ! Ici, nous ne pouvions pas payer, vu notre faible récolte. Et nous avons gagné ce procès que nous n’aurions peut-être pas dû gagner.

 

J’ai eu d’autre petits procès comme une facture oubliée concernant une livraison de fuel. J’ai plaidé de bonne foi n’avoir pas trace de cette livraison. Par la suite j’ai retrouvé le bon de livraison. J’avais gagné le procès…

Il ne faut pas désespérer pour un jugement qui nous est infligé alors que nous savons avoir raison. C’est le système qui veut cela. Les avocats sont autorisés à mentir et plaider sur de faux témoignages. Il ne faut pas en faire « un fromage ». -  « plaie d’argent ne dure pas ».

 

Par Tacanitas - Publié dans : recueil de souvenirs et de réflexions - Communauté : Vie privée
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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /2010 07:57



Le charbon en Argentine ;

charbon-1.jpg charbon-2.jpg

Dans la partie Nord : principalement provinces de SANTIAGO DEL ESTERO, CHACO, CORDOBA, TUCUMAN, SALTA, FORMOSA, JUJUY, la production de charbon de bois existe non seulement pour préparer des terres à des fins de culture ou d’élevage, mais certains popladores en font leurs moyens de subsistance depuis des lustres sans préjudice pour la forêt qui se reconstitue.
 Fin des années 1800 et début du 20ième le train acheminait le charbon vers les villes. Depuis, les camions viennent sur place.

Les acheteurs ne manquent pas dans les grandes cités comme Rosario, Tucuman, Cordoba, BUENOS AIRES, mais aussi à l’export vers le Nord de l’Europe principalement, l’Espagne aussi, Israël Etc. En Norvège, on utilise la chaleur produite par la combustion du charbon pour dégeler le sol et permettre ainsi de creuser les tombes afin d’enterrer les morts.
Asado ou barbecue improvisé:

asado-5.jpgLes Argentins utilisent le charbon de bois pour cuire la viande en « ASADO ». Tout simplement parce que c’est plus pratique que le bois pour son approvisionnement et son stockage. Toutes les familles possèdent leur « asador » (on dit barbecue) en briques. Il fait partie de la construction. Dans les  campagnes celui-ci se trouve à l’extérieur, dans la cour.
Four dans la cour juste à côté de l'asador chez des popladores en forêt :

de-Guilhem-081.jpg

Asador d'intérieur:
rateau-pour-buldozer-013.jpg
Les briques ou « ladrillos » : Dans une très grande partie de l’Argentine, il n’y a ni gravier, ni pierre. Environ 900 kilomètres autour de BUENOS AIRES c’est une plaine d’alluvions plate sans forêt, donc exploitée pour les céréales ou l’élevage.  Il faut parcourir plusieurs centaines de kilomètres pour trouver le sable des rios. De même pour le gravier et le caillou qui sont extraits de carrières dans les zones au relief plus tourmenté. Donc, dans chaque village, on fabrique des briques communes artisanalement. ci-dessous:.
briques.jpg

Quand je suis arrivé sur le campo, il n’y avait aucun moyen de construire une maison, encore moins de fours à charbon autrement qu’avec ces briques de terre cuites qu’on trouve en abondance dans un rayon de 30 kilomètres.

Pour libérer le sol, je devais défricher, abattre les arbres et le sous bois. Les autres « défricheurs » brûlaient sur place toute cette végétation couchée par les bulldozers l’hiver suivant avec l’aide de graminées semées en même temps que le roulage. (photos)d-frichement-1.jpg
La coutume la plus répandue pour préparer des terres à céréales :

d-frichement-14.jpg
 
Tandis que sur les routes je voyais de place en place des fours à charbon. Je demande alors à mes ouvriers (péons) de faire savoir que j’offrais le bois gratuitement pour m’en débarrasser à ceux qui savent utiliser le bois pour le charbon ou pour un autre usage. Je ne pouvais concevoir de voir tout ce bois partir en fumée. Ceux-ci me répondirent spontanément

 :    -  « Le bois représente beaucoup d’argent, tu devrais faire du charbon !» .

-         Je demande s’ils savaient fabriquer du charbon ?

-         Oui me répondent-ils.

-         Savez-vous faire des fours ?

-         Oui.

-         Que faut-il d’autre ????

Il fallut établir un campement, l’aire du chantier, me procurer des tronçonneuses, des haches, des fourches spéciales, de la toile forte, un tracteur et sa remorque, prévoir l’approvisionnement en eau et en nourriture (essentiellement viande, base des rations en Argentine). Trouver une, puis deux équipes ; établir une convention de travail souvent remise en cause,. C’est ainsi que l’aventure commença pour le charbon de bois. Nous en faisions en moyenne 100 tonnes /mois. J’avais de ce fait quelques revenus pour continuer le défrichement, acquérir un bull, des tracteurs toujours d’occasion, d’autres outils comme un scraper, une pelle Etc. Ce qui me permit de créer un canal des étangs, faire des puits, des maisons d’ouvriers et surtout des kilomètres et des kilomètres de clôtures, puis d’acheter les premiers animaux.

La fabrication du charbon : Il faut environ 35 ou 40 M3 de bois pour obtenir 6 tonnes de produits fini. Pour 100 tonnes/mois de charbon il faut donc 600 stères à couper, charger sur la remorque, transporter, décharger, entrer dans les fours. Puis sortir le charbon, le charger sur les camions.. Le bois de quebracho blanco a une densité de 1,2, celui de quebracho colorado, une densité de 1,7. Et l’algarrobo également supérieure à 1. Beaucoup de main d’œuvre.
Chargement du charbon:

charbon-10.jpg       charbon-2-copie-1.jpgUne fois rangé dans le four, on allume par en haut. En 5/7 jours le bois se consume (carbonise)  dans une atmosphère privée d’air. Seuls quelques petits trous à la base dans la construction du four restent ouverts. Lorsque la braise arrive en bas, tous les trous sont obturés avec de la boue, on jette aussi de la boue épaisse sur la carcasse du four afin de refermer les fissures. On dit noyer le four.  On attend encore 6/7 jours pour l’extinction et le refroidissement général. L’extraction du charbon se fait à l’aide de fourches calibrées et de toile (1,5mX1) que les péons portent à deux en tenant chaque angle. Les péons sont torse nu. Ils terminent la vidange en une journée. Parfois il reste des braises qu’il faut éteindre avec de l’eau. Le quemador(le péon chargé du feu) est chargé d’allumer, de surveiller jour et nuit les fours et le charbon quand il vient d’être mis à l’air par crainte que la fournée  ne se consume entièrement par la présence d’un seul brandon encore incandescent..

Le charbon de bois ainsi obtenu est plus lourd et beaucoup plus calorifique que celui produit avec des essences de bois français. Le dit charbon dose à 85% de carbone.

Certains acheteurs demandent que la cargaison de charbon soit entièrement ensachée par sacs de 20 kilos environ. C’est une équipe extérieure qui vient pour charger les camions remorques. Les dits acheteurs conditionnent ensuit le charbon en vrac selon les destinataires du pays ou importateurs, en sacs de différentes capacités.

Nous avions une douzaine de fours. En principe un four devrait pouvoir produire 2 fournées par mois. Des imprévus, des retards surviennent et jamais on ne peut tenir ce rythme.  

Les photos illustrent bien la progression de l’entreprise. 

 

charbon-4.jpg 

 

Cette planche sert comme rayon ou guide de construction.

 charbon-7.jpg

 Il faut une réserve d’eau à proximité.

 charbon-6.jpg
Photo du haut de l'éolienne:

Album-photos-N--2N0357.jpg 

Voir aussi: 

 

http://www.fao.org/docrep/X5328F/x5328f08.htm

 

 

 

Par Tacanitas - Publié dans : recueil de souvenirs et de réflexions - Communauté : entre deux mondes
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