Mardi 16 novembre 2010
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17:43
Jean Claude et
Monique GELLEY:
Par
JEAN CLAUDE GELLEY:
Un
épisode incontournable non présenté lors de cette journée:
Concerne pourtant la renaissance de l'agriculture, en Haute Lande.
Il
est étonnant que l'histoire des agriculteurs de la CALG (Compagnie d'Aménagement des Landes de Gascogne) ait été complètement occultée lors de la journée du 16
Septembre.
Cette
compagnie, organisme semi public, a été créé en 1956 pour lutter contre les grands incendies, ressentis comme une catastrophe nationale, et, qui ont ravagé la LANDE des trois départements
concernés entre 1944 et 1949 avec l'intention d'installer des pare-feux. Elle achète à cet effet 17000 hectares. Quoi de plus normal que de faire entretenir ces pare-feux par des agriculteurs
expulsés d'Afrique du Nord à la suite des évènements que l'on connait. Elle crée donc des lots de culture qu'elle attribue en priorité à ces rapatriés un peu à la manière des lots de
colonisation pour mettre autrefois en valeur les terres de cette même AFRIQUE DU NORD.
Le
succès n'est pas au rendez-vous. C'est ainsi que l'on trouve quelques métropolitains parmi la centaine d'attributaires de la C.A.L.G. Avant 1960, quelques pionniers qui ont galéré pendant 10 ans
pour ouvrir le chemin aux autres, sont déjà installés, mais l'arrivée progressive de ces nouveaux venus va donner des idées à des agriculteurs de la partie Nord de la France qui rachèteront des
lots abandonnés par les rapatriés d'abord puis viendront ensuite défricher avec de gros moyens. On peut dire que la Compagnie a été l'accélérateur de la mise en valeur de la Lande encore
amplifiée par l'arrivée de nouvelles techniques d'irrigation.
Mais,
qu'en est-il de son action à l'époque? Très peu d'agriculteurs se sont installés avant 1960. La première grosse vague date de 1962. Sur le domaine de la TROUGNE, 8 lots de 45 à 70 has ont été mis
à disposition: (4 rapatriés de Tunisie, 1 du Maroc, 1 d'Afrique et 2 métropolitains) en contrat d'achat dit N° 1. Il existait aussi des contrats N° 2 et des N° 3 peu nombreux en aménagement de
terre de propriétaires. En 1962, nous avons été les premiers à bénéficier d'une dotation d'irrigation (matériel Seppic avec 3 groupes motopompes diésel Vendoeuvre de 20 cv pour une capacité
maximum d'irrigation de 30 hectares.)
Dès
la première année, de graves problèmes se sont posés. Assinissement très défectueux éxécutés par charrue rigoleuse (fossés à profondeur constante de 50 cm avec des seuils de 1 mètre et plus dù au
micro relief de la Lande) Des relevés topographiques très précis avaient pourtant été dressés. Rendements inférieurs à 30 quintaux avec mortalité au stade 4 feuilles sur plusieurs dizaines
d'hectares. Les analyses ont revèlé des PH extrèmement bas, une carence total en cuivre et en zinc, une absence totale d'engrais de fond et d'amendement sur de très grandes surfaces. Il s'est
avéré par la suite que des engrais n'avaient pas été épandus mais volés., que des chantiers avaient été réceptionnés sans que les souches aient été arrachées et que les récoltes de seigle faites
par la Compagnie sur des lots non attribués avaient été entièrement volés.
Un
collectifs de 41 agriculteurs en colère s'est constitué sous la présidence de Mr Pierre GILLIN installé à LUBON. La Compagnie arrête ses travaux fin 1964. Devant sa résistance à améliorer les
aménagements existants beaucoup sont partis et nous nous sommes retrouvés 22 assignés devant le Tribunal Civil. Les troix experts désignés par la Cour nous ont donné raison. Le procès en Appel ne
leur a pas été plus favorable, et en Juin 1967, la Cour de Cassation confirme les deux premiers arrêts obligeants la Compagnie à dédommager les attributaires. A la faveur des débats a été relevé
le rapport du Professeur CHOMBART de LOWE, commandé par la Compagnie puis occulté par elle au moment du procès, qui préconisait une expérimentation sur une petite échelle avant d'entreprendre de
grands travaux probablement payants par la suite. La Compagnie va dès lors être chargée de complèter les aménagements chez les agriculteurs restants avant de revendre les lots non attribués ou
ceux abandonnés à ces agriculteurs venus d'ailleurs et finira par disparaître progressivement.
En
1961, au cours de mes prospections dans la Lande, j'ai rendu visite à plusieurs de ces agriculteurs installés au cours des années 50. Le dernier a conclu: " Fichez vite le camp de ce pays pourri"... Mais, nous étions déjà devant un superbe champ de maïs !
Jean-Claude GELLEY.
NB:
-La C.A.L.G. vendait ou faisait des travaux(défrichement, hangar) pour les agriculteurs et ceux-ci payaient en location-vente sur 30 ans. Ce contrat comportait des contraintes imposées comme
celle de réserver 1/3 des surfaces pour l'élevage.
-La
procédure décrite ici a duré de 64 à 69.
-Au
final La C.A.L.G. (semi-public) a donné instruction au Crédit Agricole de financer l'achat des terres; lequel financement aurait bénéficié par la conséquence du jugement, d'un moratoire !(ad
vitam ?). Les agriculteurs étant libérés des contraintes, ils étaient vraiment chez eux.
MERCI à Jean Claude GELLEY pour cette contribution importante qui complète le sujet.
Jean Claude par ailleurs est auteur d'un livre intitulé "INSOUCIANCE DE GUERRE" édité à compte d'auteur. Je vous le recommande. Problème: sa rareté !
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