Mercredi 24 février 2010 3 24 /02 /2010 15:51
029
Au milieu de nulle part, après 50 kilomètres de piste défoncée, une roue du pickup (avec jante alu) se dégonfle rapidement. Nous sommes dans un village d'au moins 2000 habitants. Y a t-il une "GOMERIA" ? c'est la question que je pose. En France on ne se pose jamais la question, les crevaisons sont si rares.

027Oui, il y a un pro, dans la seule station service du village. Mais service unique, celui de réparer des chambres à air et des pneux sans chambre aussi. Je suis inquiet, mais - pas le choix-! En fait le "gomero" répare toutes les roues, de la plus petite roue de bicyclette et jusqu'au pneu de tracteur de 2 mètres de diamètre. Et, on ne le voit pas ici, il est capable avec CES OUTILS Là de recouvrir le pneu principal de tracteur d'un autre pneu pour aller dans les bois. On appelle le second pneu "un poncho". Dans ces cas là, il fait appelle au boulanger et au "restaurateur"(comedero) pour l'aider.
 Pour regonfler la roue, il met directement le tuyau d'air sur la valve. Les outils dérisoires traînent partout. Quand il tombe une averse tropicale, je ne sais pas s'il les retrouvera tous. Le compresseur est essouflé...il tournera longtemps, très longtemps pour arriver à la pression voulue. Combien je vous dois?  2 EUROS!!!!!!. Il aura mis près de deux heures.


Autour Noël 2009 Janvier 2010 0033
Par Tacanitas - Publié dans : recueil de souvenirs et de réflexions - Communauté : entre deux mondes
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 20:29

Livraison d’une « jaula »

LeIMGP0089 « comisionista » est passé il y a 3 jours voir la nature et l’état des animaux destinés à l’abattoir.  Le prix fut débattu entre Régis et ce dernier qu’on nommera «  Oswaldo». Non seulement il y a le prix au kilo vif, mais aussi est débattu fermement le « debaste » soit : un abattement sur le brut de l’animal. Celui-ci est différent selon qu’il s’agit d’un bœuf ou d’une vache grasse. Il est aussi différent selon l’heure d’enfermement dans le corral desdits animaux.

Juste avant l'embarquement les animaux sont marqués avec la marque du campo.

Oswaldo est un habitué du campo. Nous l’avons choisi pour son honnêteté et son intégrité depuis des années déjà.  Combien parmi ces maquignons font de victimes de promesses non tenues ? Les meilleurs sont connus et peu nombreux. Il faut, en effet, être payé comptant « au cul du camion »…en liquide.Autour Noël 2009 Janvier 2010 0062
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Donc le prix désiré et le prix possible est décidé entre ces deux personnages. Maintenant, il faut le plein accord de l’acheteur final, c'est-à-dire l’abattoir qui se dit ici « el frigorifico ». Ce coup de téléphone entre le « comisionista » et l’  « acheteur final » aura lieu un soir tard. Et « Oswaldo » rappelle alors Régis ce même soir pour dire le « OK » et les dates et conditions de livraison.IMGP0093


Oswaldo est payé 2% du prix global d’un côté par le vendeur et 2% par l’acheteur. C’est une coutume bien encrée. Il a donc intérêt à bien servir les deux parties pour se faire une réputation et par tant sa « fortune » !.

Ces comisionistas ont tous une très belle maison… et leur 4X4 toujours comme neufs. Tous possèdent en même temps un grand campo.

Il est convenu que le chargement se fera ce matin à 7h . Oswaldo et le camion sont toujours  là à l’heure juste. Il s’agit maintenant pour Walter de choisir les animaux les plus gras. Il y aura 3 taureaux réformés, 7 « novillos » et 26 vaches grasses de réforme également. Il faut les péons pour séparer plusieurs fois chaque sujet. Les faire passer dans la « manga » ou couloir de contention. Ecarter les maigres, ils feront partie d’une livraison plus tard. Le camion ensuite s’en va au village pour peser à une bascule publique de la FERIA (La RURAL de BANDERA) Là, de nouveau il faut séparer les catégories et faire autant de pesées. Recharger le camion dans un ordre précis.
Maintenant les formalités : 1)  Un document appelé DTA de SENASA avec des sortes de bracelets pour « plomber la jaula ». Ce document (et ces bracelets) payant est établi compte tenu du stock existant déclaré au moment de la vaccination de l’aphteuse. En effet le fonctionnaire « vacunador » de l’organisme sanitaire officiel est seul habilité pour compter et enregistrer les différentes catégories d’animaux du campo.

2) Retirer une « guia » ou droit de transport lui aussi payant au profit de la province qui, en contre partie entretient les routes (théoriquement ) certains trous imprévisibles restent souvent sans intervention des années durant…

3) Troisième formalités : prévenir la police pour qu’elle vienne contrôler la conformité du convoi ; voir l’adéquation entre les papiers et la réalité du chargement, et apposer le tampon...

Autour Noël 2009 Janvier 2010 0038

Le camion va pouvoir partir. Maintenant Oswaldo entre temps a réceptionné « la brique » : le paquet d’argent très compact et très fermé apporté par le chauffeur. Il s’en va chez lui, compte la liasse de billets, fait les comptes, fera la facture, prend ce qu’il faut pour payer Régis(aujourd'hui ce sera moi) et se payer lui-même et va rendre le reste au chauffeur toujours aussi emmailloté avec du papier journal et beaucoup de scotch. Ensuite, je suis là avec lui à compter et recompter l’argent; en espèces, toujours. C’est ainsi.

Aujourd’hui où les prix sont doublés par rapport à il y a quelques semaines seulement, ça fait pas mal d’argent. Mieux vaut que ça ne se sache pas. Quant à la méthode : « le chauffeur transporteur de fonds »: jamais de disparition, jamais d’attentat. Pourtant à y réfléchir, le chauffeur ou une bande qui disparaîtrait avec une seule paie pourrait vivre quelques temps sans trop de souci ! si ce n’est se faire prendre…

Opération terminée. Enfin, dépôt à la banque quand même. Et retour à la casa.

 

Par Tacanitas - Publié dans : recueil de souvenirs et de réflexions - Communauté : entre deux mondes
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /2010 11:17

Un déménagement !...

Après un séjour d’une année à WESBURG avec notre troupeau, il faut plier bagages. Le bétail est déjà de retour. Maintenant, il faut faire place nette, rapatrier mobilier et matériel.

Régis me charge de l’opération pour hier. La veille, je prévois partir « à la madrugada » c'est-à-dire vers 5h pour être sur place à 8 et procéder au démontage et chargement avant les grosses chaleurs de l’après midi. De sorte que nous soyons en voiture climatisée au plus chaud de la journée et rentrés avant la nuit. La remorque n’étant pas équipée en éclairage.

Contre temps par l’orage de la nuit. Tonnerre à partir de 10h jusqu’à 4h du matin, Température très élevée, coupure de courant, donc plus de clim ni ventilateurs. Nous baignons dans la sueur sur nos lits. Je sors pour m’installer sous l’auvent dans un fauteuil. Le matin plus question de partir, les chemins par temps de pluie sont impraticables surtout avec un 2 roues motrices.

Nous attendons de pouvoir appeler pour connaître le temps qu’il fait sur place. Beau temps. Donc, je pars à 9h avec mes peons. Arrivés vers midi, je ne prends rien pour déjeuner car, les nuages arrivent et s’épaississent. Grosses menaces…Nous déjeunerons quand nous serons sortis de la poussière, j’allais dire de « la merde » qui se présentait devant nous.

Le groupe Lister

Au lieu de démonter le groupe pour le charger sur la camionnette et charger une remorque dans la seconde pour être en conformité avec un palan attaché à une branche d’arbre,  Je décide de mettre les remorques l’une derrière l’autre, vérifier les pressions des pneus, charger ce qu’il y a à charger et partir. 2 pneus sont lisses sur la remorque du groupe LISTER qui pèse son poids. Tant pis, si nous ne partons pas, nous coucherons dans la camionnette. Pas de temps à perdre. Sur le chemin de terre, il faut tenir compte des trous, des ornières et du matelas de poussière que nous levons à notre passage obscurcissant la visibilité à ceux qui nous suivraient comme à ceux qui nous croisent. Donc selon les endroits, je roule de 10 à 20klm/heure. 3 bonnes heures pour parcourir les 65 kilomètres. Les nuages sont devenus noirs d’encre. Juste devant nous, nous voyons qu’il pleut… Ouf, nous sommes sortis de ce bourbier que le déluge s’abat sur nous, un enfer de vent et de pluie tropicale nous contraignant à nous arrêter. La route n’est plus visible, c’est un rio.  Nous prenons un casse croûte dans un « comedor » du village. La pluie peut tomber. Sur le goudron plus de soucis sauf pour les pneus. Alors je roule à 60/ à l’heure pas d’avantage. Quand Régis nous voit arriver, au lieu de me dire merci, : « ça te plaît toujours autant de prendre des risques et de te faire monter l’adrénaline ? ». Mais les pneus ont tenu, nous étions contents, la chance ou le miracle a eu lieu. Hélas je n’ai pas de photos de mon attelage. En France nous n’aurions pas fait 5 kilomètres.
Malgré des os et des artères de 72 ans, après des émotions comme celles-là, le soir venu on dort comme un bébé…

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Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /2010 22:36

Des températures à 53° de sensation thermique à l’ombre. Il fait bon rouler avec la clim, rester à la maison « avec la clim », se mettre dans la piscine et boire beaucoup.

Autour Noël 2009 Janvier 2010 0036

Mais mercredi dernier , j’ai accompagné 2 péons (pendant que Régis allait au devant de son épouse arrivant de France) au campo situé à 200 kilomètres dont 65 en chemin de terre comme il en existe beaucoup. Partis  à 4heures.  Ce campo ayant sauvé l’essentiel du troupeau de Régis pendant les deux années de sécheresse. Pour charger les 3 dernieres bétaillères (jaulas) et les rapatrier. Nous chargeons les deux premiers camions le matin juste pour midi. J' accompagne les camions pour récupérer les papiers (droits de circuler) retour vers 13h30. Où un excellent asado préparé par les muchachos m’attendais. Nous pensions avoir droit à une bonne petite sieste. Mais la chaleur était déjà si élevée qu’il fut impossible pour moi comme pour les ouvriers de fermer l’œil. 4 animaux s’étaient échappés du corral. Les « gauchos » sont partis à leur recherche dans une parcelle de 300 hectares.

Autour Noël 2009 Janvier 2010 0030

Evidemment c’est toujours les plus sauvages qui passent par-dessus les clôtures des enclos. Avec mes jumelles une grosse serviette de bain trempée sur le dos pour me rafraîchir, je regardais les va-et-vient des peons. Ils ont fait des kilomètres sous ce soleil incroyable, ils ont attrapé au lasso chacune des bêtes une à une pour les obliger( les traîner parfois) à revenir au corral. Je leur portais une bouteille d’eau après chaque capture, et les chevaux buvaient à l’abreuvoir pour se refaire. Inimaginable, héroïque pour des Européens.

 

Nous chargions l_0023--2-.jpge dernier camion à la nuit.

Au retour, j’ai pensé qu’ils avaient mérité « le restaurant » avec « cerveza » et « coca » à volonté. Il fallait perdre un peu de tempsaussi pour aider à décharger les petits veaux récemment nés. Les gros bovins descendent à pied par le « cargador » dans le corral de la ferme à TACANITAS. Journée bien remplie.  Beaucoup cherchent vainement le soleil, ici, il est garanti dans le forfait…

Par Tacanitas - Publié dans : recueil de souvenirs et de réflexions - Communauté : entre deux mondes
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Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /2010 12:05

Des photos : IMGP0030

 

Lola et le Quad

 Lola 8 ans, Juliette en croupe descendre le raidillon , aller sur l’allée centrale traverser le campo à allure modérée quand même, revenir et remonter le raidillon de 2 mètres pour accéder à la plateforme d’implantation de la maison... -"Michel  regarde, c'est dangereux. !"

IMGP0042 Ça me rappelle en 44 quand les anglais en occupation à l’avant ou à l’arrière du front de Normandie, stationnaient et  foulaient le sol de la Pigaudière, la ferme familiale pendant la guerre. Avec leur moto, il y avait deux motos et nous sur le réservoir (Louis et moi) ils nous faisaient faire un tour entre les pommiers descendant les buttes et les remonter à toute allure à ce qu'il nous semblait....ou dans le champ d’à côté un véritable vallon. Très amusant pour des gamins. Là, c’est la gamine qui conduit, au lieu d’un soldat anglais et la petite soeur de 4 ans l'entourant très fort de ses petits bras, c’est bien autre chose. Imagine- la, maîtrisant une machine du DAKAR à HUIT ANS ! est-ce bien raisonnable. ? A moins que plus tard on voit une demoiselle co-équipière sur cette course mythique. En Argentine ce genre d’évènement fait des émules.

IMGP0040

Mais le quad n'est pas qu'un jouet, c'est bien pratique pour le patron sans faire équiper son cheval ce qui demande beaucoup de temps après l'avoir attrapé, de l'avoir toujours prêt à chevaucher pour aller voir les cultures parcelles après parcelles. C'est le grand concurrent du cheval qui se profile pour les années futures.Autour Noël 2009 Janvier 2010 0053

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