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Samedi 28 novembre 2009 6 28 /11 /2009 07:41

OPINION: LOS TEMAS DE LA SEMANA: LA POSIBILIDAD DE QUE EL GOBIERNO COMPRE TRIGO

Lo mejor es la libertad comercial


Editorial dans Clarin d'aujourd'hui.


Héctor A. Huergo.
hhuergo@clarin.com

Desde que se disolvió la Junta Nacional de Granos, en 1991, la producción agrícola argentina soltó amarras. Saltó de 45 millones de toneladas, la mayor parte cereales (trigo, maíz y sorgo) a los casi 100 del 2007, la mitad de oleaginosas, que valen el doble. En menos de veinte años, se duplicó la producción en volumen y se triplicó en valor.
En 15 ans, la production est passée de 45 millions de tonnes à 100 dont la moitié en oléagineux sans intervention de l'Etat. Mais, en Argentine, ce qui est bon ne dure jamais 100 ans.  

Pero en la Argentina no hay bien que dure cien años. Todo el proceso se hizo con un Estado ausente. Ni siquiera hizo esfuerzos consistentes para apoyar la transición desde la vieja a la nueva agricultura.

El raquítico programa de Cambio Rural del INTA (que contó con apenas el 3% de la institución) es una honrosa excepción, ya que muchos de los chacareros condenados a jugar a las bochas todo el año, encontraron el rumbo como prestadores de servicio en la nueva agricultura en red. Unos, saliendo a sembrar asociados en pequeños pooles, otros directamente profesionalizándose, como contratistas de siembra, fumigación y cosecha.
Les petits agriculteurs se sont organisés en optant soit en s'associant, soit en devenant entrepreneurs et grands "fermiers" 

Prosperaron las fábricas de maquinaria, que desarrollaron los equipos más eficientes del mundo. Hoy se exportan a todos los países que quieren imitar el modelo argentino de la siembra directa, el cultivo bajo cubierta de rastrojos, la agricultura de precisión, el almacenaje en bolsas.
Les fabriques ont développé et exporté les machines les plus modernes de semis direct de précision sur les pailles de la précédente culture ainsi que le stockage en saucisson. 

Los grandes actores fueron los productores y los proveedores de tecnología. No el Estado y las "políticas activas" (ojalá hubiera habido alguna a favor en estos casi veinte años). Las fábricas, las compañías de semilla, los centros de agroservicios que analizan los suelos, diagnostican su estado nutricional, formulan las recomendaciones y aplican los fertilizantes.Les grands acteurs furent les producteurs, les fournisseurs de technologie, les fabriques, les semenciers, les labos d'analyse. 

Y, al final del día, la agroindustria que a fuerza de inversiones hoy puede procesar toda la cosecha argentina de oleaginosas, y le queda capacidad para traer soja de Paraguay, Bolivia, Brasil y Uruguay, como se ve en las barcazas que bajan por el Paraná. Embarques por 25.000 millones en el 2008.
Au final, grâce aux investissements l'agroindustrie peut conditionner intégralement la récolte d'oléagineux plus celle des pays voisins à auteur de 25 milliards en 2008.
Esta oleada de inversiones se desencadenó en los 90, pero se aceleró en los últimos diez años. En 1999 había una capacidad diaria de "crushing" (molienda de soja) de 75.000 toneladas por día. Hoy alcanza a 160.000. En estos años pasaron cosas (¿recuerda?), pero la expansión no se detuvo. En volumen y calidad, porque ahora a la producción de aceite se suma la de biodiésel, que ya exporta por 1.000 millones de dólares y el año que viene doblará esa cifra, con la apertura de nuevas plantas. Argentina no sólo es el mayor exportador mundial de aceite y harina de soja, sino también de biodiésel.
Cette vague d'investissements débute dans la décade 90 et s'est accélérée depuis. Passant d'une capacité de 75 à 160000 tonnes journalière de traitement du soja pour l'export de farine, d'huile et de biodiésel( un milliard de dollars de biodiésel) Ce chiffre va doubler l'année qui vient. Faisant du pays le plus grand exportateur mondial de farine, d'huile et aussi de biodiésel. Une seule usine comprend une superficie du triple de celle de GENERAL MOTORS. Il y en a 20 en expansion. DREYFUS installe un complexe de traitement jusqu'au biodiésel le plus important du Monde en BAHIA BLANCA. 
Una sola de esas plantas tiene el triple de superficie cubierta que la General Motors. Y hay veinte, todas en expansión. Ahora llega la hora de Bahía Blanca, donde Dreyfus inició la construcción de un complejo que va desde el crushing hasta la planta de biodiésel más grande del mundo.

Pero no hay bien que dure cien años. Hace cuatro años, en nombre de la mesa de los argentinos, comenzó a descalabrarse todo. El desquicio sirvió para que algunos medraran, y vino más intervención. La espiral llevó a la caída de la producción de trigo y maíz.

La intención del ministro de Agricultura es revertir esta tendencia, buscando la forma de garantizar el precio lleno a los productores de trigo. La mejor opción es la libertad comercial.L'intention du ministre de l'agriculture depuis 4 ans  est d'inverser cette tendance par l'intervention sur le MAÏS et le BLE soit disant pour garantir le prix du pain. 
Mais la meilleure option serait la LIBERTE COMMERCIALE. 
 

La segunda mejor ("the second best", diría Alieto Guadagni) es la compra de trigo por parte del Estado. Debiera dejarse para el momento en que, una vez eliminadas las interferencias, siga viva la brecha entre FAS teórico y precio interno.

Aquí nunca faltó trigo. Eso sí, los molineros tenían que competir con la exportación para hacerse de la materia prima. La competencia aseguraba el precio. Al productor y al consumidor. Es lo que hay que restablecer.Jamais le blé n'a manqué ici. Les moulins  sont en concurrence pour garantir le prix au producteur et aux consommateurs. Les interventions  découragent la production. Il faut rétablir le libre commerce. 


Par Tacanitas - Publié dans : opinions - Communauté : entre deux mondes
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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 13:06

A quoi bon un blog ?... Se découvrir au public, se mettre à nu?
Par orgueil? par fierté? par plaisir d'écrire ?
Mon père depuis longtemps parti de ce monde me disait: -" Pour vivre heureux vivons cachés".
Il avait raison. Mais: !
Mais, :"si un jeune en lisant un des articles de ce blog venait à se dire" :" Pourquoi pas moi, et si j'essayais d'en faire autant, de faire beaucoup mieux"!... 1, 2, 10, 1000, 10000 chômeurs de moins.
Devant une opportunité de deux voies,  choisir celle qui présente le plus d'obstacles, quelle joie, quelle fierté quand le but est atteint.
Et la satisfaction de pouvoir à son tour, bouster aussi, ses enfants ne serait-ce que par une caution.
La dynamique vient du mouvement...
C'est le premier pas qui compte, le reste arrive.

 
Faut-il préférer compter sur soi-même avec tous les risques que cela implique, ou choisir délibérément de rester salarié et, en cas de difficultés de l'entreprise ou d'une décision stratégique compter sur les syndicats pour remplir sa poche
- d'une indemnité de licenciement
- des ASSEDIC ? ? ?

Lesquelles comportent dans certains cas une dose de venin du déshonneur et d'argent mal acquis.

   

Par Tacanitas - Publié dans : opinions - Communauté : Vie privée
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Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 21:19

dimanche 1 novembre 2009La laïcité inachevée, par Maxime Zjelinski  sur Criticus

La laïcité est l'un de ces grands principes qui doivent une partie de leur succès à la grande confusion dont ils tirent profit. 1905 est l'année du divorce entre l'Église et l'État, elle marque la fin d'une liaison incestueuse entre la République et les prêtres. Mais 1905, c'est aussi la séparation du spirituel et du temporel, et cela, beaucoup de Français ont tendance à l'oublier. J'en veux pour preuve l'immense popularité de la vulgate écologiste, qui promet l'Enfer aux hommes et à ceux qui les gouvernent s'ils n'adhèrent pas au dogme de la planète en danger. Nulle part mieux que dans ce faux débat n'apparaît la passion de soumettre aux idées le pouvoir temporel. Que signifie la laïcité dans l'histoire intellectuelle, culturelle et politique française, si l'arrogance de quelques illuminés passe pour une forme de courage et de progrès ?
Les illuminés auxquels je pense sont ces esprits rationnels qui parlent non plus pour Dieu le père, mais pour mère Nature. Les chiffres et les courbes donnent au credo de ces nouveaux prêtres une force qu'on ne trouvait guère dans le catéchisme. La Raison donne bonne conscience, on le sait. Pourvu que le slogan se fonde sur des « données » et non sur l'Évangile, on se persuade volontiers que le pire est évité, Dieu n'étant pas de la partie.
« C'est bien l'Enfer qui attend les hommes s'ils continuent de boire à grandes gorgées ce pétrole qui donne soif. »
Le XXe siècle nous a pourtant fait voir l'existence de religions sécularisées — d'empires à l'Est, d'intellectuels à l'Ouest. La Révolution verte que les élites voudraient imposer au gros de la population est l'expression de cette arrogance trop facilement associée aux seules religions monothéistes, dont les Verts actuellement s'inspirent sans rougir. La catastrophe n'est-elle pas annoncée par le GIEC ? C'est bien l'Enfer qui attend les hommes s'ils continuent de boire à grandes gorgées ce pétrole qui donne soif. Le scepticisme n'est pas vu comme une vertu, mais comme un durcissement du cœur : celui qui ne craint pas la Nature hait la Nature et contrarie sa volonté, il retarde le Progrès, il fait obstacle à l'Histoire — et on sait ce que vaut un obstacle dans la religion des militants « citoyens »...
Le danger n'est ni dans la croyance ni dans la certitude — qui toutes deux, chez l'homme, sont la règle plutôt que l'exception — mais dans la sérénité avec laquelle le militant des bonnes causes refuse tout simplement d'admettre qu'un contradicteur puisse être aussi humain que lui.
L'altérité ainsi éliminée, le politique disparaît avec elle. Les déceptions, les échecs, les frustrations ne sont plus politiques, mais éthiques. Il ne s'agit plus de trouver un terrain d'entente mais de faire entendre au monde de prétendues évidences, afin de le changer complètement, conformément aux plans arrêtés par les grandes personnes, celles qui voient le monde depuis le ciel et font la guerre aux inégalités.
La mode exige que l'on y voie du progrès. J'y vois une formidable régression. Il faut aimer enseigner en ZEP pour oser mettre la moyenne à ces mangeurs de quinoa convaincus qu'il faut crier très fort pour faire entendre ses idées.

Mais la régression ne s'observe pas seulement chez les écologistes : on la retrouve chez tous ceux qui croient en leur message au point d'oublier qu'il en existe d'autres, tout aussi pertinents. Il faut donc se demander s'il n'y aurait pas, à l'origine de notre « vivre-ensemblisme », un profond malentendu. Si les lois tolèrent et préservent la pluralité des opinions, les gens n'en sont pas toujours capables. Parlons en toute franchise : les Français sont démocrates selon la loi, mais le sont-ils selon l'esprit ?
« L'esprit de la démocratie, qui n'est autre que l'esprit du libéralisme, est évidemment absent de ces attaques "citoyennes" du camp du Bien contre le camp du Mal. »
On peut en douter. La tolérance et l'ouverture d'esprit ne sont souvent que de l'indifférence. Cette tolérance se change en intolérance quand cesse l'indifférence, quand vient le moment de défendre une idée. Les gens convaincues sont incapables de livrer une guerre qui ne soit pas totale : l'autre passe pour un abruti — dans le meilleur des cas — ou un ennemi du genre humain. Le sentiment d'humilité, que devrait normalement entretenir la diversité des opinions, est trop souvent balayé par l'impression de servir une cause noble — l'égalité par exemple — ou d'être au bord d'une catastrophe irrémédiable — la fonte des glaces, la raréfaction des ressources, etc. Tant que le débat porte sur des broutilles, on s'écoute, on se respecte, on s'aime ; mais sitôt qu'interviennent les convictions des uns et des autres, les fantômes du passé sont invoqués, les menaces de l'avenir sont brandies, l'Enfer sur Terre est annoncé. C'est au moment où il faut le plus de patience et de modération que les avocats de la bonne cause sont le moins patients et modérés. L'esprit de la démocratie, qui n'est autre que l'esprit du libéralisme, est évidemment absent de ces attaques « citoyennes » du camp du Bien contre le camp du Mal.
Pour comprendre ce phénomène, il n'est pas nécessaire de faire appel à la distinction weberienne entre éthiques de conviction et de responsabilité. La société ouverte et conciliante dont on rêve chez les serviteurs de l'Histoire et de la Nature n'est pas une société où des opinions contraires cohabitent, mais une société où la politique, qui est l'art du compromis et de l'adaptation, ne serait plus que l'art de faire prendre aux masses le bon chemin, choisi par le bon camp. D'une telle société, Montesquieu eût dit qu'elle a tort de chercher sa vertu dans la source du pouvoir. À ces maniaques de l'organisation qui ne supportent pas de faire la queue comme tout le monde, il faut toujours demander : « Et si moi j'ai d'autres projets pour le monde, qu'est-ce que vous me ferez ? ». Il est entendu que dans toute société chacun sacrifie un peu de sa liberté, mais ce sacrifice a plus de légitimité dans une société libre que dans une société ordonnée, où, pour qu'un objectif se réalise, tous les autres doivent disparaître.
« Il est faux de dire que dans l'esprit des socialistes l'égalité complète la liberté, quand il est évident qu'elle la remplace. »
L'organisation doit compenser, dit-on, les effets pervers de la liberté. Mais la liberté a-t-elle jamais été autre chose, pour les planificateurs, qu'une perversion à combattre, un caprice de bourgeois ? Il est faux de dire que dans l'esprit des socialistes l'égalité complète la liberté, quand il est évident qu'elle la remplace. Pour le comprendre, encore faut-il admettre que dans une société aussi confiante dans l'État, la liberté est d'autant moins précieuse que les pouvoirs publics prétendent assurer le bien-être de la population. Puisque c'est à l'État de soutenir la société, celle-ci n'a pas ce souci de cohésion propre aux gens responsables. Où il n'y a pas de responsabilité, il n'y a de liberté qu'apparente. Et où la liberté est fausse, l'esprit démocratique est feint.
Ne nous étonnons donc pas, dès lors, s'il est si difficile pour les nouveaux prêtres — écologistes, antiracistes, altermondialistes — d'entendre une opinion différente de la leur sans gratifier leur interlocuteur de cette grimace mi-contrite mi-agacée de celui qui sait et ne convainc pas. Ne nous étonnons pas non plus si, plus de cent ans après la séparation des églises de l'État, nombre d'intellectuels continuent de penser comme si leurs conclusions devaient guider les peuples. Et ne nous étonnons pas, bien sûr, du ton que prennent les suiveurs pour signifier leur appartenance au camp des saintes évidences. Le danger que le président Sarkozy fait peser sur la démocratie n'est rien à côté de celui qu'un grand nombre de Français, anonymes pour la plupart, font peser sur le goût de la liberté. Reste à savoir si, au milieu de l'agitation millénariste, les Français ont encore assez de raison pour comprendre qu'ils ont tout intérêt à être un peu moins « héroïques » et un peu plus « tièdes », autrement dit : un peu moins arrogants et un peu plus conciliants.

Maxime Zjelinski


J'adhère à ce yémoignage. Michel. 

Par Tacanitas - Publié dans : opinions - Communauté : Pro OGM
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 12:07

Eric Le Boucher: l'avenir se lit dans le lait

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Thursday 29 October 2009

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L'intérêt porté par Nicolas Sarkozy à la détresse paysanne et le fait que 21 pays de l'Union européenne sur 27 se soient mis d'accord, la semaine passée, pour «re-réguler» le marché du lait sont-ils de classiques mesures de crise ou bien les prémices d'un tournant historique? L'agriculture qui allait, nolens volens, vers plus d'ouverture des marchés et vers un retrait des soutiens publics, bref vers le modèle «libéral», prend-elle le chemin inverse? Retour vers des régulations publiques, retour des aides, regain protectionniste?

Plus largement le monde post-crise que l'on devine moins libéral, plus régulé, avec des Etats plus présents, une mondialisation transformée, des équilibres géo-stratégiques déplacés, avec des interrogations monétaires, ce nouveau monde est-il en train de se dessiner dans l'agriculture?

Premier point: ce n'est pas étonnant que le secteur primaire soit en avance sur les autres. Nicolas Sarkozy a vanté le lien de la France à ses campagnes, la semeuse comme la marque de «l'identité française». «La terre est la mère de tous les biens», disait Mirabeau. Pour des raisons circonstancielles, le président de la République veut réveiller ces vieux souvenirs. Sans doute en vain, ils sont trop enfouis pour beaucoup de Français, urbains depuis deux générations au moins. En revanche, au niveau de la planète, c'est encore vrai. La moitié de la population mondiale vit de l'agriculture. Le secteur «primaire» reste «stratégique»: on a vu des émeutes de la faim en l'été 2007 quand le blé a manqué. La population mondiale va atteindre 9 milliards d'ici à 2050, il va falloir doubler les productions agricoles, ce n'est pas un mince défi pour l'humanité.

Deuxième point: l'agriculture est très loin d'avoir été «libéralisée». Tous les pays du nord ont conservé des politiques de soutien. Même aux Etats-Unis, au Canada ou au Japon, le prix du lait n'est pas libre! La régulation étatique reste prégnante. Mais la tendance était au libre échange et au démantèlement des aides. Toujours avec le retard qui prévaut dans une bureaucratie, la Commission de Bruxelles vient d'ailleurs de faire savoir qu'elle souhaitait un recul de 30% des crédits de la PAC (Politique agricole commune) à partir de 2014 pour faire porter les priorités européennes sur la recherche et l'innovation. L'idée présidait que les pays du sud n'ont pas beaucoup de secteurs où ils ont «un avantage comparatif». Que les pays développés, leur achète grains, viande, huile, fruits, fleurs et légumes paraît assez logique. L'agriculture n'est pas discutée au sein de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), dans le cadre du Cycle de Doha, mais tel est bien l'esprit: le nord doit désarmer ses aides et ouvrir ses marchés.

Troisième point: la politique productiviste et «libérale» de la mondialisation des marchés agricoles affiche de bons résultats depuis 30 ans. Au nord, l'utilisation d'engrais, l'irrigation, le primat donné au blé et à la vache, couplés à des politiques de régulation étatiques et une organisation des marchés régionaux (comme la PAC) ont permis de faire face aux besoins. La «révolution verte» technique, productiviste, exportatrice, a fait baisser les prix des denrées, autorisant les populations urbaines grossissantes à se nourrir à bon compte. Le poids de l'alimentation s'est allégé dans le budget des ménages permettant d'autres dépenses, tels les loisirs en premier. C'est un immense succès.

Au sud, le modèle s'est exporté, avec moins de succès. Les pays ont été poussés à abandonner les cultures vivrières au profit de  productions d'exportation sur le modèle du tabac et du sucre : cacao, coton, café, huile de palme... Accélérant l'afflux des populations dans les villes, où l'emploi a manqué, cette politique est contestable pour beaucoup de pays. Mais elle commence pour d'autres, au Brésil, en Afrique, à permettre une insertion réussie dans la globalisation.

Quatrième point: Ce modèle est loin d'avoir dit son dernier mot. Au contraire ! Son avenir est tracé: une nouvelle «révolution verte» faite des nouvelles agro-sciences, des OGM, et des plantations géantes, les latifundias, au Brésil, en Afrique (bâties éventuellement par Pékin) ou en Indonésie. Tandis que la Chine et l'Asie deviennent l'usine du monde, un autre sud ambitionne de devenir son grenier.

Cinquième point : ce modèle «libéral» est très contesté. Au sud on l'a vu, mais aussi au nord. D'abord parce que la baisse des prix touche peut-être à sa fin. La recherche de productivité se retourne à cause du coût des intrants (pétrole, engrais), des transports de productions et, bien entendu, des pollutions. Ensuite, parce que si la paysannerie était habituée depuis toujours à la méchanceté de la nature, aux sécheresses et aux gels, elle doit faire face désormais à la volatilité des marchés mondiaux. La crise des éleveurs est d'une origine connue: le litre de lait est descendu de 45 centimes d'euro il y a un an, à 25 centimes aujourd'hui. Comment survivre à des telles variations? Pour le lait, mais l'exemple est généralisable, 93% de la production mondiale est consommée «sur place» et pourtant les prix sont fixés par les échanges marginaux sur les marchés mondiaux.

En conséquence: les gains de productivité sont devenus insuffisants pour assurer la survie des producteurs malgré leurs efforts. En France depuis trente ans, le revenu des exploitations est tombé de 40%. L'agriculteur voit ses recettes reculer de 3-4%  l'an, inéluctable appauvrissement. En 2006 et 2007, ô miracle! Les craintes de voir la Chine engloutir toutes les matières premières mondiales ont fait bondir les cours. Avec cette manne, le revenu agricole a gagné ces années-là 19% puis 17%. Du jamais vu! Une partie du monde agricole a cru alors que le blé, le lait, la viande étaient devenus comme le pétrole, le cuivre ou l'uranium, définitivement chers. Hélas, l'illusion n'a pas duré. La récession mondiale a fait retomber le soufflé: l'agriculteur a vu ses rentrées tomber de 20% en 2008 et il en serait de même cette année.

L'Europe a inventé un palliatif à cette paupérisation des campagnes: payer l'agriculteur pour qu'il coupe les haies et fauche les mauvaises herbes de la commune. Le transformer en jardinier, il touchera une rémunération pour la défense du «bien commun» qu'est le joli paysage de nos champs. Mais, outre que les agriculteurs depuis toujours «nourrisseurs des hommes» n'ont jamais trouvé digne ce nouveau métier que Bruxelles voulait leur voir faire, c'est une stratégie du déclin. La question demeure au fond: qu'est-il  possible de produire encore  en France, en Europe?

Sixième point:  Si ça va mal, ce n'est pas par «trop de libéralisme» mais de «pas assez de libéralisme». Telle est la réponse de Bruxelles, du camp des Britanniques et des industriels de la filière qui veulent, légitimement, acheter les matières premières au cours mondiaux les plus bas. Il faut plus de productivité et, pour ce faire, relancer les effets d'échelle. Il y a encore 90 000 producteurs de lait en France, contre 60 000 aux  Etats-Unis. Une concentration est indispensable, on le dit depuis 20 ans. Cinquante vaches par ferme, il en faudrait 200. L'agriculteur est déjà surendetté et sa marge si étroite qu'il ne peut racheter les terres de son voisin, de son cousin. Qu'à cela ne tienne. Il faut donc modifier le système d'aides, réviser entièrement les lois foncières et injecter massivement du capital dans les exploitations pour qu'elles ne travaillent plus uniquement à rembourser le Crédit Agricole.

Septième point: un autre modèle se présente. Il n'est certes pas neuf - le débat remonte au 17ème siècle -  mais il reprend de l'actualité: produire pour soi, fermer les frontières. Rétablir les cultures vivrières au sud et hausser franchement les prix au nord pour que les petites exploitations puissent survivre. Repousser au passage les OGM parce que ce sont des dépendances vis-à-vis du business américain des semences (Monsanto).

Conclusion/interrogation: Que veut vraiment Sarkozy? Distribuer des aides pour passer la mauvaise passe puis, à l'aide de quelques aménagements comme l'introduction de  «prix plancher», reprendre le cours de la libéralisation agricole? Ou bien basculer dans un néo-protectionnisme qui voudrait instaurer  un «produire pour soi  au niveau régional (l'Europe) hérissé de barrières sanitaires et environnementales mais fleuri, pour faire passer le côté égoïste, de quelques accords particuliers avec les pays les plus pauvres (type Caraïbes). En clair, Nicolas Sarkozy épouse-t-il les thèses bovéso-chiraquiennes?

Ou bien encore, existe-t-il un mi-chemin? Un agro-système complexe, qui verrait cohabiter des grandes productions  mondialisées des denrées usuelles («commodities») avec des marchés de qualité plus locaux, réhabilitant mille essences variées, non sans l'apport des sciences, au contraire? Existe-t-il une solution qui préserve les intérêts légitimes des pays du «grenier» avec ceux des petits paysans du sud comme du nord? Et si oui, à quel prix pour les industriels de l'aval et, in fine, pour les consommateurs?  C'est cette «troisième voie agricole» que M.Sarkozy ainsi que les 21 pays européens qui ont rejoint la France pour «re-réguler» le prix du lait, doivent nous expliquer.

Eric Le Boucher

D'autres articles sur le même thème: Ni le marché, ni les aides ne sauveront l'agriculture, L'agriculture est notre passé et notre avenir et Le lait «citoyen», une fausse bonne idée.

 

Par Tacanitas - Publié dans : opinions - Communauté : Le monde paysan
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 17:22


Mixité des communautés

Plus les peuples et les races seront mélangés, moins les intégrismes auront d’efficacité dans leurs projets.

Si la population de la cité est « mêlée »elle ne peut se façonner d’ennemis communs. Au contraire, les enfants dans les cours de récré en sont un bon exemple pour se confondre et se faire des amis de toutes conditions et de toutes couleurs.
Quant aux intégrismes économiques, les localisations ne sont qu’un épiphénomène temporaire du commerçant toujours à la recherche d’un bénéfice par un coup d’avance. Mais lorsque les lieux sont « saturés » par le plein emploi, la partie est gagnée ou perdue selon du point de vue d’où on se place.

Ou bien on est citoyen du monde sans frontière symbolique, ou bien on veut se renfermer dans son petit univers douillet. Il ne faut pas empêcher les échanges au risque d’une émission de CO2 supplémentaire. Les habitants des pays jeunes ont besoin des débouchés lointains. Tendre à offrir leurs chances aux autres, à tous les habitants de la planète. Exporter nos savoir faire, exporter notre pouvoir d’achat. Leur apprendre à cultiver ou pècher plutôt que leur envoyer nos surplus pour réduire la faim et la soif des plus déshérités. C’est une tâche ébauchée par la FAO, mais à laquelle chacun peut contribuer selon ses moyens et capacités. En tous cas, mon expérience me permet de le penser.

Ne regardons pas notre nombril et surtout pas en comptant sur le futur proche, voyons loin, à plusieurs générations devant nous.
Notre univers est l’espace temps de notre système solaire…Les milliards d’années avant nous et les millions d’années devant.

Certaines fortunes peuvent nous paraître scandaleuses. Quoique en tenant compte de cet ESPACE TEMPS tout est remis à plat à chaque génération, ne serait que par l’incompétence des descendants. Il se produit toujours une redistribution des cartes.

Plus le produit intérieur d’un pays est élevé et plus le partage est facile et le travail plus abondant.
Il faut protéger et laisser court aux initiatives privées, à l'imagination sans limite pour créer, entreprendre et se mélanger comme cela a toujours éxisté.
Le peuple argentin est un exemple de mixité raciale. Espagnoles, Italiens, Suisses, Français, Syriens, Russes, Ukrainiens, Allemands, Paraguayens, Uruguayens, Anglais et les autochtones Indiens.

Par Tacanitas - Publié dans : opinions - Communauté : entre deux mondes
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