
articles appréciés : un peu long mais ça en vaut la peine:
Un Article écrit
la récemment dans MARIANNE par Denis Tillinac
“Plaidoyer pour un monde qui disparait
Oubliez la nostalgie du terroir et les clichés de clochers. Les campagnes qui agonisent mettent notre futur en péril bien plus que notre passé.
Du temps de mon enfance, la vie paysanne tournait encore en boucle autour du clocher, où, à l’heure de la traite, les troupeaux se croisaient. On vivait de peu en scrutant les nuages pour
présumer un gel ou une sécheresse ; l’économie était quasi autarcique, et déjà s’imposait aux jeunes la fatalité de l’exode. Mais, enfin, il y avait des gosses sous le préau de l’école, des
échoppes sur la place, de la volaille autour des maisons où s’affairaient les veuves en noir de 14-18. On tuait le cochon à Noël et, l’été, on allait seconder le voisin le jour de la batteuse, à
charge de revanche. Les us immémoriaux de la ruralité se pérennisaient peu ou prou, on ne voyait pas venir son agonie.
Choyé par les élus parce qu’il pesait encore dans les urnes, le paysan avait au coeur l’amour de ses arpents et la fierté de les avoir civilisés. Son image, chez les citadins, était
condescendante sur les bords, mais empreinte d’affection. Les Français aimaient leurs paysans, ça les rassurait de savoir que là-bas, sur les terroirs de leurs ancêtres, une certaine permanence
était entretenue. Les trente Glorieuses ont défilé, les tracteurs sont arrivés dans les champs, la télé près de l’âtre.
La politique agricole commune (PAC) a financé une métamorphose impulsée par de Gaulle afin d’assurer l’autosuffisance alimentaire en France et d’en faire une exportatrice agroalimentaire.
Dont acte. Les agriculteurs d’aujourd’hui ne se reconnaissent pas dans les clichés sépia qui ont fait la fortune des romanciers “du terroir”, nostalgie oblige. Ils se sont formés, mécanisés,
organisés, endettés. Ils sont devenus des entrepreneurs, agrandissant leur exploitation, améliorant leur productivité. Ils triment sept jours sur sept, sans prendre de vacances, pour la finalité
cruciale qui leur est assignée : nourrir l’humanité -car, on oublie ce détail, un milliard d’êtres humains ne mangent pas à leur faim. L’extravagance des cours (souvent inférieurs aux prix de
revient) et l’incohérence des politiques (communautaires ou nationales) les ont acculés à des acrobaties humiliantes : tantôt il fallait planter, tantôt arracher, et toujours se soumettre à des
réglementations courtelinesques. Mission accomplie : une prouesse historique, dont nul ne leur sait gré. J’étais récemment au Japon, où les Français passent pour des rigolos (euphémisme). Seule
notre agriculture échappe à leur sarcasme ; les Japonais envient sa puissance, estimant à juste titre que l’autosuffisance alimentaire est un atout géopolitique maître.
La vie rurale que j’ai connue a certes du plomb dans l’aile. Le nombre d’exploitation a diminué, comme la population et le prêtre du cru y enterre plus souvent qu’il ne baptise. Mais les
bourgs sont plus avenants et mieux équipés que jadis, et les campagnes alentour régalent les âmes bucoliques : cette grâce insigne, on la doit aux paysans de la nouvelle génération. Sans eux,
l’espace français ne serait qu’un désert broussailleux coupé d’autoroutes et parsemé de clochers en ruine. Sans eux, on ne pourrait plus vivre dans ce village où rien ne manque à mon bonheur. Je
les vois oeuvrer de l’aube au crépuscule, ils ont épousé leur époque sans renier les vertus ancestrales, et bien qu’ils ne roulent vraiment pas sur l’or, ils sont fiers d’être paysans. Plus
exactement, ils le seraient s’ils ne percevaient le dédain des citadins, voire de l’animosité.
On leur reproche de percevoir des subventions. Soit. Mais sait-on qu’un broutard se vend moins cher qu’il y a trente ans, alors que les coûts de production ont au moins quintuplé, sans
compter les investissements exigibles pour satisfaire à des normes bruxelloises parfois délirantes ? Les subventions, qui les astreignent à des tâches bureaucratiques aussi pesantes que stériles,
ils préfèreraient s’en passer, l’assistanat n’étant pas leur culture. Impossible dans un contexte de marchés erratiques, où les Américains font la loi, et qui cumule les tares du libéralisme le
plus anarchique et protectionnisme le plus éhonté. L’agriculture n’est pas l’industrie : tant qu’on n’aura pas régulé les prix à l’échelle mondiale, les balises de la PAC seront un moindre mal.
Si cette régulation se fait trop attendre, les ruraux des pays pauvres iront végéter dans les bidonvilles et les masses crèveront de faim, leur “demande” n’étant pas solvable. On peut imaginer
les flux migratoires qui résulteront de ce scandale moral.
Quand aux nuisances des engrais sur notre environnement, elles sont infiniment moindres que les pollutions industrielles ou domestiques. On incite nos paysans à faire du bio labellisé, mode
écologique oblige. Des jeunes s’y mettent, par conviction. Mais, eu égard à l’impérieuse nécessité d’augmenter à brève échéance la production agricole mondiale, le bio restera marginal, sauf à
affamer la planète. D’où l’absurdité du militantisme anti-OGM, qui fait le jeu des Américains, notamment du semencier Monsanto. Partout dans le monde, les agriculteurs usent d’OGM avec l’aval de
leurs pouvoirs publics. Sauf chez nous, où les recherches sur le terrain sont interdites par des autorités publiques que des lobbies terrorisent. De sorte que par l’effet d’un curieux paradoxe,
les ayatollahs “rouge-vert” anti-OGM sont des agents zélés de l’impérialisme yankee. Ce qu’on n’ignore pas à la Maison-Blanche.
Le rôle salvateur des paysans
Le culte paganiste rendu à la déesse Nature par des bobos inconséquents entretient un millénarisme dont nos paysans font les frais dans l’opinion. Comme s’ils n’étaient pas les meilleurs
protecteurs de notre environnement. Les seuls à vrai dire, quoiqu’en pensent les “rurbains” dont les lotissements sont économiquement coûteux et dommageables sur le plan écologique, pour ne rien
dire de l’esthétique. Or, eux, les médias les épargnent. On demande aux agriculteurs de pourvoir l’humanité en nourriture et de jardiner nos paysages ; ils y parviennent et, pour comble de
mépris, telle bureaucrate de la CE leur a suggéré récemment… de se doter d’un second métier pour survivre. Au train où vont les négociations sur l’avenir de la PAC, les plus modestes, qui sont
les plus nombreux, risquent de gagner moins qu’un Smic. A terme, la France paierait très cher la ruine de son agriculture programmée dans certains cénacles.
Outre que s’éteindraient à tout jamais les feux de notre mémoire, et que sonneraient les glas définitifs de notre ambition nationale, nous serions en état précaire de survie dans une jachère
innommable. Les paysans savent cela, ça accroît leur amertume. Ils connaissent l’énormité des enjeux, ils ont le sentiment d’être les jouets d’une farce sinistre. Personne ne les défend, car ils
sont désormais électoralement négligeables, leur solitude tourne au désarroi, parfois au désespoir. Puissent nos “élites” prendre conscience de leur rôle, il est majeur, il peut être salvateur !
Puissent les écolos chercher ailleurs de quoi rémunérer leurs fantasmes !
Denis Tillinac”
Agriculteurs on
s’occupe de vous ! …. doit paraître dans la FRANCE AGRICOLE.
Georges Clémenceau qui disait « La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires » On peut penser que le gouvernement doit se dire aussi :
L’agriculture et l’alimentation des français sont des choses trop sérieuses pour prendre l’avis des agriculteurs …..
Pour preuve ; l’installation le 15 Février par Bruno LE MAIRE d’un groupe de réflexion sur l’avenir de l’agriculture en Europe . Ce groupe de 15
membres contribuera au débat public et à la négociation européenne de la réforme de la PAC de l’après 2013. Sur ces 15 membres une seule agricultrice
basée en Haute Savoie et qui pratique plutôt l’Agrotourisme , elle est présidente de Bienvenue à la ferme .Pour orienter l’avenir de l’agriculture on
trouve des présidents ou directeurs d’organismes divers, des écrivains, et des chefs de cuisines d’établissements prestigieux ( le Meurice 5 étoiles et le Bristol 3 étoiles) En fait il n’a
probablement pas oser solliciter le Fouquet’s ……
Si l’on observe les cartes de ces établissements prestigieux on constate qu’ils valorisent très bien les produits agricoles
Cela reflète bien l’image que nos élites ont de l’agriculture, et à la vision du président de la
république qui en inaugurant le Salon de l’Agriculture le 23 Février 2008 annonçait avec gourmandise, ce que chaque
agriculteur espérait , « qu'il voulait voir la gastronomie française, "la meilleure du monde", inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. rendant ainsi hommage à l'agriculture et aux
métiers qui la façonnent chaque jour et sont à l'origine de la diversité gastronomique de notre pays »
Puis le 17 février émergeait un collectif de 14 ONG se dénommant : «Groupe PAC 2013 »
Ce collectif entend influencer les futures orientations de la PAC . Pour Samuel Fréret coordinateur, « Il ne faut pas se limiter à une vision strictement agricole de la PAC, cette
politique est un objet de société, ce n’est plus seulement l’affaire des Etats et des agriculteurs » Alors, le « A » de PAC n’a
plus aucune signification ?
Parmi les 6 propositions formulées par le Groupe PAC 2013 , une concerne « la
rémunération directe des agriculteurs sur la base des services environnementaux rendus à la société » Sans préciser si ces précieux
collaborateurs parfaitement compétents pour tondre les parcours de golf bénéficieraient des congés payés du 13 éme mois et des RTT. ?
Ce collectif dénonce aussi le coût de la PAC qui absorbe 40% du budget .En Décembre 2009 Bruno
Parmentier directeur du Groupe ESA interrogeait : « Voulons nous encore manger demain ? L’agriculture nous coûte cher ? Essayons donc les pénuries alimentaires si on pense que c’est meilleur marché
. La perte de l’agriculture dans un pays est difficilement réversible . Qui peut croire qu’une fois que les éleveurs aient envoyés leurs vaches à l’abattoir, d’autres éleveurs viendront
facilement reconstituer de nouveaux troupeaux dans 10 ans »
Pendant que nos grands penseurs se projètent dans l’avenir, les producteurs se débattent dans le
présent pour choisir entre le Plan de Sauvegarde ou le dépôt de bilan !
Les chambres d’Agriculture accumulent les dossiers d’agriculteurs en difficulté.
Jusqu'au Président du Sénat qui dans Ouest France du 27 février demande : « Que peuvent les politiques pour soulager la souffrance du monde agricole ? » Il
est probable que ceux-ci ne seront pas avare de propositions en visitant le Salon .
Claude Besnard
La Commission BARROSO vient d'autoriser la culture de la pomme de terre OGM.
Toujours les mêmes partent au combat contre et la majorité silencieuse qui fait confiance à la science ne dit rien, ne manifeste pas, travaille et subit.
Nous apprenons que
l'ex-Premier ministre Dominique de
Villepin, en déplacement au Salon de l'agriculture, s'est dit favorable à la culture d'OGM.
Il estime que la croissance de la population mondiale oblige les gouvernants à favoriser un progrès des techniques.
Qui a raison ? les adeptes de la décroissance ? = destruction d'emplois, autodestruction tout court.!
Pourtant quand on a sous les yeux la comparaison en zone subtropicale entre un champ de maïs OGM et juste à côté un maïs sans OGM rongé
par la PYRALES et autres chenilles. Le propriétaire du second ne s'en remettra pas. Il n'aura pas de quoi payer sa semence. L'autre fera une bonne marge brute malgré le prix du sac de semence. Ce
n'est pas compliqué ?
ça fait partie d'une politique générale çà !
http://laurent.berthod.over-blog.fr/article-chronique-des-boniments-anti-ogm-l-affaire-percy-schmeiser-45988252.html
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